Mais le retour du Christ a dû être différé. Des années se sont écoulées. Paul lui-même s'en est allé et a disparu dans le lointain. Les siècles puis les millénaires ont succédé les uns aux autres et le christianisme attend toujours la parousie. Il y avait erreur de chronologie. Et peut-être plus.
Durant cet inter-temps sans fin, l'Eglise a dû s'installer dans la durée. Elle a commencé par intégrer l'Ancien Testament et judaïser ses Ecritures pour ne pas apparaître comme une nouveauté. A cette époque, on ne savait pas que le judaïsme était très jeune, qu'il n'était monté sur la scène que vers 250 avant J.C. Evidemment, si on observe que Yahvé n'est autre que le dieu Baal des phéniciens, le christiano-judéo-phénicien est très ancien.
Il a aussi fallu faire face aux persécutions. Alors que les juifs se sont facilement accommodés des prescriptions politiques visant à sacrifier aux dieux pour le salut et la conservation de l'empereur, les refus des chrétiens de se plier à cette formalité somme toute anodine a attiré la foudre. Cette attitude incivique a été perçue comme faisant partie de la critique chrétienne de la société romaine, de la volonté de ses caciques de la modifier, de la réformer. Les chrétiens étaient regardés en impies ; leurs réticences à participer à la vie publique les dénonçaient comme déloyaux et dangereux ; ils vivaient entre eux et en marge de la romanité. C'est ainsi que, naturellement et fréquemment, les chrétiens furent visés par la vindicte générale et victimes de massacres ou livrés aux réjouissances du cirque.
Les martyrs chrétiens avaient présent à l'esprit que "celui qui renie sa foi sera renié par le Christ ressuscité".
Mourir en martyr, en témoin, c'est se sauver avec certitude. La foi donne une force surhumaine. Les récits chrétiens révèlent souvent que les femmes martyrs se transforment en hommes.
Les romains considéraient les chrétiens avec sévérité. Le choix de la mort par le martyre les persuadait qu'ils avaient affaire à des déments. Mais la propagande chrétienne propageait la croyance qu'au spectacle du courage des chrétiens martyrs, les païens se convertissaient.
Et les martyrs croyaient que la mort non seulement leur ouvrait les portes de la vie éternelle mais aussi qu'ils allaient ressusciter très vite.
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