Les lois et règlements, l’ensemble des normes de l’administration de l’État sont décidés par les crasseux, par les politiciens, ces détenteurs de la démocrassie capitaliste, des êtres bornés, incultes, incompétents, corrompus qui ne rêvent que de pouvoir, d’argent et de cuissage. Ces gens sont là pour cinq ans renouvelables, sans que, dans le cours de ce délai reconductible, le peuple ait le moindre droit de regard sur ce qu’ils font, sur ce qu’ils trament derrière les huis capitonnés aux becs-de-cane sécurisés des palais de la République, sur ce qu’ils décident in petto. Ce serait cela l’État de Droit.
Le peuple est appelé à voter. Mais un candidat trop bien placé gêne le landernau. Qu’à cela ne tienne. On instrumentalise la justice et l’importun est écarté. Et le postulant cosmopolite est élu dans un fauteuil. C’est aussi cela l’État de Droit.
Un référendum est organisé. Le peuple se prononce et on ne tient aucun compte de sa décision comme en 2005. C’est encore cela l’État de Droit.
La Charte de l’ONU impose aux signataires de n’entreprendre des opérations militaires que lorsqu’ils sont en état de légitime défense ou pour répondre à un mandat exprès de l’ONU. La France, au mépris de la Charte et de sa signature, a entrepris de bombarder des friches en Syrie sans aucun mandat, pour montrer sa force et complaire à son ami américain. C’est toujours cela l’État de Droit.
En l’occurrence, il s’agissait de punir la Syrie du soupçon d’avoir utilisé des armes chimiques. En France cependant, à NDDL, la gendarmerie a utilisé des armes chimiques contre les résistants. Mais, nous dit-on, il y aurait de bonnes armes chimiques, celles que la France utilise, et de mauvaises armes chimiques, celles que les autres utilisent.
lundi 30 avril 2018
lundi 23 avril 2018
SPECIES
Forts de leurs paralogismes, d’abord au Canada puis en Australie et en Italie, des philosophes ont démontré, dans de savantes et nombreuses pages, que les Droits de l’Homme devaient être étendus aux Grands Singes. Ces éminents professeurs ont réussi à convaincre un certain nombre de leurs confrères de la pertinence de leurs concepts puisqu'ils ont créé un véritable raz-de-marée d’enthousiasme auprès de ceux-ci.
La Nouvelle-Zélande applique les Droits de l'Homme aux Grands Singes depuis 1999.
Une brèche étant ouverte, il fallait établir une théorie justifiant la promotion des Grands Singes sinon au même rang que les humains, au moins à un niveau équivalent. Et par la même occasion, pourquoi ne pas aussi prendre en compte la situation de tous les animaux et faire d'une pierre deux coups : pourquoi ne pas étendre au règne animal tout entier le respect conféré par les Droits de l'Homme aux Grands Singes ? L'antispécisme, -puisque c'est ainsi qu'on l'appelle- est un mouvement de libération des animaux. Les tenants de l'antispécisme professent que la morale, telle qu'elle s'est perfectionnée au cours des âges, conduit à conclure que tous les êtres doués de conscience doivent être protégés.
Les antispécistes définissent la conscience comme la capacité de souffrir et d'éprouver du plaisir. Or, tous les animaux, sous une forme ou sous une autre, de manière directement perceptible ou déduite de leur comportement, possèdent une conscience puisqu'ils sont capables de souffrir et d'éprouver du plaisir. Ils doivent donc être protégés et il est illégitime de les faire souffrir, de les réduire en esclavage ou de les tuer et de s'en nourrir.
A peine de commettre des crimes, l'humanité ne peut être que végétarienne.
Les défenseurs de cette théorie ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Ils ont constaté que les fœtus, certains grands malades et les nouveau-nés n'ont pas de conscience car, disent-ils, ou bien ils ne peuvent souffrir, ou bien ils ne peuvent pas éprouver du plaisir. L'avortement, l'euthanasie et l'infanticide seraient donc légitimes au regard de la même morale qui conduit à protéger tous les animaux au nom des Droits de l'Homme.
Dès lors que les raisonnements s'enchaînent les uns aux autres, on est amené à toujours creuser plus profond pour épuiser tous les aspects de la théorie. Cette démarche est très prisée des philosophes dont les démonstrations successives sont étayées par une logique impeccable même si, parfois, l'expérience ne vient pas confirmer les déductions les mieux charpentées. Certains noms révérés de la philosophie, constatant que les Droits de l'Homme devaient être étendus au règne animal tout entier, se sont penchés sur le cas des plantes. Ne sont-elles pas vivantes, elles aussi ? N'ont-elles pas une forme de conscience que l'on ne peut appréhender de prime abord mais que l'on peut soupçonner néanmoins ? Certains végétaux bougent et semblent animer leurs feuilles et leurs fleurs lors de leur exposition à une lumière plus ou moins intense ou de qualité variable ; ils prospèrent ou s'étiolent pour peu que la température fluctue de manière favorable ou contrariante ou que la composition du sol leur plaise ou les dérange. Tout cela n'indique-t-il pas que le monde végétal peut éprouver, lorsqu'il est soumis à certains stimulus, ce qu'il faut bien appeler de la souffrance et aussi une espèce de plaisir ? En toute bonne logique, il conviendrait donc que les Droits de l'Homme, reconnus au règne animal, soient étendus au règne végétal.
C'est ainsi que les antispécistes, après avoir accepté les conséquences de leur théorie et s'être convertis au végétarisme ou au végétalisme, pourraient se voir réduits à la portion congrue par le simple effet de leurs propres conclusions.
Forts de leurs paralogismes, d’abord au Canada puis en Australie et en Italie, des philosophes ont démontré, dans de savantes et nombreuses pages, que les Droits de l’Homme devaient être étendus aux Grands Singes. Ces éminents professeurs ont réussi à convaincre un certain nombre de leurs confrères de la pertinence de leurs concepts puisqu'ils ont créé un véritable raz-de-marée d’enthousiasme auprès de ceux-ci.
La Nouvelle-Zélande applique les Droits de l'Homme aux Grands Singes depuis 1999.
Une brèche étant ouverte, il fallait établir une théorie justifiant la promotion des Grands Singes sinon au même rang que les humains, au moins à un niveau équivalent. Et par la même occasion, pourquoi ne pas aussi prendre en compte la situation de tous les animaux et faire d'une pierre deux coups : pourquoi ne pas étendre au règne animal tout entier le respect conféré par les Droits de l'Homme aux Grands Singes ? L'antispécisme, -puisque c'est ainsi qu'on l'appelle- est un mouvement de libération des animaux. Les tenants de l'antispécisme professent que la morale, telle qu'elle s'est perfectionnée au cours des âges, conduit à conclure que tous les êtres doués de conscience doivent être protégés.
Les antispécistes définissent la conscience comme la capacité de souffrir et d'éprouver du plaisir. Or, tous les animaux, sous une forme ou sous une autre, de manière directement perceptible ou déduite de leur comportement, possèdent une conscience puisqu'ils sont capables de souffrir et d'éprouver du plaisir. Ils doivent donc être protégés et il est illégitime de les faire souffrir, de les réduire en esclavage ou de les tuer et de s'en nourrir.
A peine de commettre des crimes, l'humanité ne peut être que végétarienne.
Les défenseurs de cette théorie ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Ils ont constaté que les fœtus, certains grands malades et les nouveau-nés n'ont pas de conscience car, disent-ils, ou bien ils ne peuvent souffrir, ou bien ils ne peuvent pas éprouver du plaisir. L'avortement, l'euthanasie et l'infanticide seraient donc légitimes au regard de la même morale qui conduit à protéger tous les animaux au nom des Droits de l'Homme.
Dès lors que les raisonnements s'enchaînent les uns aux autres, on est amené à toujours creuser plus profond pour épuiser tous les aspects de la théorie. Cette démarche est très prisée des philosophes dont les démonstrations successives sont étayées par une logique impeccable même si, parfois, l'expérience ne vient pas confirmer les déductions les mieux charpentées. Certains noms révérés de la philosophie, constatant que les Droits de l'Homme devaient être étendus au règne animal tout entier, se sont penchés sur le cas des plantes. Ne sont-elles pas vivantes, elles aussi ? N'ont-elles pas une forme de conscience que l'on ne peut appréhender de prime abord mais que l'on peut soupçonner néanmoins ? Certains végétaux bougent et semblent animer leurs feuilles et leurs fleurs lors de leur exposition à une lumière plus ou moins intense ou de qualité variable ; ils prospèrent ou s'étiolent pour peu que la température fluctue de manière favorable ou contrariante ou que la composition du sol leur plaise ou les dérange. Tout cela n'indique-t-il pas que le monde végétal peut éprouver, lorsqu'il est soumis à certains stimulus, ce qu'il faut bien appeler de la souffrance et aussi une espèce de plaisir ? En toute bonne logique, il conviendrait donc que les Droits de l'Homme, reconnus au règne animal, soient étendus au règne végétal.
C'est ainsi que les antispécistes, après avoir accepté les conséquences de leur théorie et s'être convertis au végétarisme ou au végétalisme, pourraient se voir réduits à la portion congrue par le simple effet de leurs propres conclusions.
lundi 16 avril 2018
Charles Fourier
Fondateur du mouvement coopératif et du socialisme associatif. Charles Fourier (1772-1837) est né à Besançon comme Proudhon mais dans une famille de commerçants aisés. Orphelin de père à l'âge de quinze ans, il apprend à vendre draps et denrées coloniales. Mais, peu doué pour le commerce, il se ruine en quelques années et échappe de peu à la guillotine révolutionnaire, non pour ses convictions politiques mais pour ses pratiques affairistes. Il va alors subvenir à ses besoins en travaillant comme commis aux écritures puis comme caissier avant de découvrir sa voie et d'écrire livre sur livre avec une extraordinaire prolixité.
Pour l'anecdote, on notera que ce célibataire endurci a écrit des livres inattendus comme ce "Tableau analytique du cocuage" avec description et force détails sur soixante-dix manières d'être cocu, ou "Le nouveau monde amoureux" ou encore "Vers la liberté en amour". Il n'en est pas resté là en matière d'excentricité. Il croyait aux extraterrestres, à ces "Solariens" capables d'exploits prodigieux grâce aux mouvements et aux propriétés surprenantes d'un étonnant membre surnuméraire. Mais il découvre surtout "l'attraction passionnelle" qui aura une grande influence sur son œuvre. Il en déduit que "le bonheur consiste à avoir beaucoup de passions et à les satisfaire toutes". Distinguant mal ses rêves de la réalité, Fourier était persuadé qu'il avait été choisi par Dieu pour révéler aux hommes la théorie de l'harmonie universelle et pour les guider vers un avenir radieux et un bonheur indicible.
Fourier est et reste connu pour ses livres importants sur les sciences sociales : "Le nouveau monde industriel et sociétaire ou invention du procédé d'industrie attrayante et naturelle distribuée en séries passionnées" et "La fausse industrie morcelée, répugnante, mensongère et l'antidote, l'industrie naturelle combinée, attrayante, véridique, donnant quadruple produit". Il constate que si l'homme n'est guère attiré par le travail c'est parce que celui-ci est rebutant, mal organisé et peu valorisant. Fourier imagine alors un système capable de procurer à toute la population non seulement une occupation agréable et stimulante, mais aussi propre à la mettre à l'abri du besoin, et en plus susceptible de lui apporter le bonheur. C'est le phalanstère.
Construit pour abriter quatre cents familles ou mille cinq cents personnes, le phalanstère est organisé comme un hôtel avec ses grands services collectifs permettant des économies d'échelle très importantes. Mais, à côté des dispositifs communautaires, chaque famille dispose d'un logement privé où son intimité est préservée et son indépendance sauvegardée. Le phalanstère possède une profusion d'installations comme des salles de repas, de conseil, de bibliothèque, d'étude et une quantité de départements tels que temple, télégraphe, pigeons de correspondance, carillon de cérémonies, observatoires. Composée pour moitié de pauvres et pour l'autre moitié de riches, la population du phalanstère est d'origine diverse et de condition sociale variée. Ainsi les pauvres connaissent enfin les avantages du confort et les riches atteignent aux sentiments humains. Les occupants apprennent à se connaître pour s'apprécier et ainsi vivre en harmonie. Ils sont employés au travail-plaisir. La division du travail est portée au suprême degré pour l'efficacité, mais on change d'activité huit fois par jour pour le plaisir. Celui-ci est encore accru par l'organisation de compétitions de production et autres activités ludiques.
Mais le point magistral, ce que Fourier appelle d'abord "l'association industrielle", est l'invention de la coopérative, et pas seulement d'une association volontaire de travailleurs, mais d'un ensemble comprenant une organisation intégrée de coopératives de production, de consommation, de logement, de vente et de distribution. Les économies réalisées par ce procédé quadrupleraient, disait-il, l'efficacité des fabriques et manufactures traditionnelles. Les hommes associés, ajoutait-il, seront toujours plus efficaces que l'Etat. Le fouriérisme est donc un rassemblement d'associés avec sanction du marché mais sans État.
Fourier voyait le phalanstère comme une société par actions aux dividendes de 30 p.c. au moins, selon ses promesses aux financiers. Les travailleurs seraient des associés et non plus des salariés. Le capital recevrait 4/12 du revenu, les travailleurs 5/12, et les cadres 3/12. Les associés sont assurés de toujours gagner plus que leur entretien. Fourier ne propose donc pas un vrai socialisme mais une marchandisation. Les services collectifs du phalanstère sont payés par les travailleurs avec leurs dividendes. Il y a toujours des riches et des pauvres mais les économies d'échelle du système permettent à tous de vivre convenablement. La propriété privée est maintenue puisque les actions sont des titres de propriété. Et la hiérarchie, bien qu'élective, est conservée.
L'enthousiasme pour les idées de Fourier entraîna ses disciples à réaliser des phalanstères dont le plus célèbre, créé par Jean-Baptiste André Godin à Guise, produisait des appareils de chauffage. Ce Familistère comprenait une crèche, un théâtre et une école mais il se transforma finalement en société coopérative après trente années d'existence. Les fameux poêles Godin existent toujours. On note encore une cinquantaine de tentatives aux États-Unis sans que ces communautés fouriéristes se maintiennent durablement.
Maniaque de l'exactitude, Fourier se levait au chant du coq et se couchait avec les poules. Il écrivait chaque jour le même nombre de pages. Il rentrait chez lui ponctuellement à midi, heure fixée par lui pour rencontrer les capitalistes intéressés par ses projets et disposés à expérimenter son système. Il les a attendus pendant trente ans. Ils ne sont jamais venus.
Fondateur du mouvement coopératif et du socialisme associatif. Charles Fourier (1772-1837) est né à Besançon comme Proudhon mais dans une famille de commerçants aisés. Orphelin de père à l'âge de quinze ans, il apprend à vendre draps et denrées coloniales. Mais, peu doué pour le commerce, il se ruine en quelques années et échappe de peu à la guillotine révolutionnaire, non pour ses convictions politiques mais pour ses pratiques affairistes. Il va alors subvenir à ses besoins en travaillant comme commis aux écritures puis comme caissier avant de découvrir sa voie et d'écrire livre sur livre avec une extraordinaire prolixité.
Pour l'anecdote, on notera que ce célibataire endurci a écrit des livres inattendus comme ce "Tableau analytique du cocuage" avec description et force détails sur soixante-dix manières d'être cocu, ou "Le nouveau monde amoureux" ou encore "Vers la liberté en amour". Il n'en est pas resté là en matière d'excentricité. Il croyait aux extraterrestres, à ces "Solariens" capables d'exploits prodigieux grâce aux mouvements et aux propriétés surprenantes d'un étonnant membre surnuméraire. Mais il découvre surtout "l'attraction passionnelle" qui aura une grande influence sur son œuvre. Il en déduit que "le bonheur consiste à avoir beaucoup de passions et à les satisfaire toutes". Distinguant mal ses rêves de la réalité, Fourier était persuadé qu'il avait été choisi par Dieu pour révéler aux hommes la théorie de l'harmonie universelle et pour les guider vers un avenir radieux et un bonheur indicible.
Fourier est et reste connu pour ses livres importants sur les sciences sociales : "Le nouveau monde industriel et sociétaire ou invention du procédé d'industrie attrayante et naturelle distribuée en séries passionnées" et "La fausse industrie morcelée, répugnante, mensongère et l'antidote, l'industrie naturelle combinée, attrayante, véridique, donnant quadruple produit". Il constate que si l'homme n'est guère attiré par le travail c'est parce que celui-ci est rebutant, mal organisé et peu valorisant. Fourier imagine alors un système capable de procurer à toute la population non seulement une occupation agréable et stimulante, mais aussi propre à la mettre à l'abri du besoin, et en plus susceptible de lui apporter le bonheur. C'est le phalanstère.
Construit pour abriter quatre cents familles ou mille cinq cents personnes, le phalanstère est organisé comme un hôtel avec ses grands services collectifs permettant des économies d'échelle très importantes. Mais, à côté des dispositifs communautaires, chaque famille dispose d'un logement privé où son intimité est préservée et son indépendance sauvegardée. Le phalanstère possède une profusion d'installations comme des salles de repas, de conseil, de bibliothèque, d'étude et une quantité de départements tels que temple, télégraphe, pigeons de correspondance, carillon de cérémonies, observatoires. Composée pour moitié de pauvres et pour l'autre moitié de riches, la population du phalanstère est d'origine diverse et de condition sociale variée. Ainsi les pauvres connaissent enfin les avantages du confort et les riches atteignent aux sentiments humains. Les occupants apprennent à se connaître pour s'apprécier et ainsi vivre en harmonie. Ils sont employés au travail-plaisir. La division du travail est portée au suprême degré pour l'efficacité, mais on change d'activité huit fois par jour pour le plaisir. Celui-ci est encore accru par l'organisation de compétitions de production et autres activités ludiques.
Mais le point magistral, ce que Fourier appelle d'abord "l'association industrielle", est l'invention de la coopérative, et pas seulement d'une association volontaire de travailleurs, mais d'un ensemble comprenant une organisation intégrée de coopératives de production, de consommation, de logement, de vente et de distribution. Les économies réalisées par ce procédé quadrupleraient, disait-il, l'efficacité des fabriques et manufactures traditionnelles. Les hommes associés, ajoutait-il, seront toujours plus efficaces que l'Etat. Le fouriérisme est donc un rassemblement d'associés avec sanction du marché mais sans État.
Fourier voyait le phalanstère comme une société par actions aux dividendes de 30 p.c. au moins, selon ses promesses aux financiers. Les travailleurs seraient des associés et non plus des salariés. Le capital recevrait 4/12 du revenu, les travailleurs 5/12, et les cadres 3/12. Les associés sont assurés de toujours gagner plus que leur entretien. Fourier ne propose donc pas un vrai socialisme mais une marchandisation. Les services collectifs du phalanstère sont payés par les travailleurs avec leurs dividendes. Il y a toujours des riches et des pauvres mais les économies d'échelle du système permettent à tous de vivre convenablement. La propriété privée est maintenue puisque les actions sont des titres de propriété. Et la hiérarchie, bien qu'élective, est conservée.
L'enthousiasme pour les idées de Fourier entraîna ses disciples à réaliser des phalanstères dont le plus célèbre, créé par Jean-Baptiste André Godin à Guise, produisait des appareils de chauffage. Ce Familistère comprenait une crèche, un théâtre et une école mais il se transforma finalement en société coopérative après trente années d'existence. Les fameux poêles Godin existent toujours. On note encore une cinquantaine de tentatives aux États-Unis sans que ces communautés fouriéristes se maintiennent durablement.
Maniaque de l'exactitude, Fourier se levait au chant du coq et se couchait avec les poules. Il écrivait chaque jour le même nombre de pages. Il rentrait chez lui ponctuellement à midi, heure fixée par lui pour rencontrer les capitalistes intéressés par ses projets et disposés à expérimenter son système. Il les a attendus pendant trente ans. Ils ne sont jamais venus.
lundi 9 avril 2018
L’impossible vérité
La Vérité ressemble à l’horizon qui recule lorsqu’on s’en approche. On s’avance pour voir ce qu’il cache et on le découvre aussi lointain et couvert des mêmes mystères. Ainsi de la Vérité qu’on croit toujours saisir et qui se dérobe toujours. D’abord la Terre plate avec les étoiles pendant comme des luminaires accrochés à la voûte céleste ; puis la Terre immobile au centre de l’univers avec le Soleil tournant autour d’elle ; puis la Terre parcourant une orbite autour du Soleil fixe ; puis le Système solaire emporté comme un fétu dans le tourbillon de la Galaxie ; puis la Galaxie et son amas de sœurs jumelles attirées toutes vers l’infini ; puis, après avoir recensé des millions et des milliards d’objets célestes plus éloignés les uns que les autres, on aboutit provisoirement sans doute à un big-bang originel avant que de nouvelles questions viennent se poser à l’esprit qui reprendra alors sa marche vers un horizon encore plus énigmatique.
Tous ces efforts sont peut-être vains mais ils pourraient servir à éliminer des hypothèses sans consistance qui ne sont que des illusions car la croyance est souvent plus forte que le fait. Et si l’expansion de l’univers n’était qu’un trompe-l’œil ? Si l’univers était infiniment grand ou infiniment petit selon la manière dont on le regarde ? Hérésie ! s’exclameront l’ensemble des érudits qui sont aussi des adorateurs de l’expansion. Assisté des formidables outils astronomiques qu’il a conçus, l’esprit humain peut apercevoir l’univers animé d’un grand mouvement d’expansion qui pourrait avoir pour origine l'explosion d'une minuscule mais néanmoins supersupersupernova cause première du temps et du monde. Mais peut-être ne voit-il que ce qu’il veut voir. Et ses télescopes les plus grands, ses ordinateurs les plus puissants et ses théories les plus savantes n’auraient été façonnés que pour confirmer ce qu’il croyait déjà savoir et non point pour découvrir ce à quoi il n’a pas encore pensé.
Au fur et à mesure que le télescope tourne son œil de verre vers le passé du monde, vers le point oméga d’où il aurait surgi, il ne voit que nébuleuses qui poudroient, particules qui chatoient et vide qui tournoie.
Le big-bang pourrait n’être qu’un leurre qu’on s’acharne à regarder de plus en plus près. On le voit de plus en plus petit, infiniment. Et toujours des galaxies, des particules et du vide, infiniment. Infiniment petits.
La Vérité ressemble à l’horizon qui recule lorsqu’on s’en approche. On s’avance pour voir ce qu’il cache et on le découvre aussi lointain et couvert des mêmes mystères. Ainsi de la Vérité qu’on croit toujours saisir et qui se dérobe toujours. D’abord la Terre plate avec les étoiles pendant comme des luminaires accrochés à la voûte céleste ; puis la Terre immobile au centre de l’univers avec le Soleil tournant autour d’elle ; puis la Terre parcourant une orbite autour du Soleil fixe ; puis le Système solaire emporté comme un fétu dans le tourbillon de la Galaxie ; puis la Galaxie et son amas de sœurs jumelles attirées toutes vers l’infini ; puis, après avoir recensé des millions et des milliards d’objets célestes plus éloignés les uns que les autres, on aboutit provisoirement sans doute à un big-bang originel avant que de nouvelles questions viennent se poser à l’esprit qui reprendra alors sa marche vers un horizon encore plus énigmatique.
Tous ces efforts sont peut-être vains mais ils pourraient servir à éliminer des hypothèses sans consistance qui ne sont que des illusions car la croyance est souvent plus forte que le fait. Et si l’expansion de l’univers n’était qu’un trompe-l’œil ? Si l’univers était infiniment grand ou infiniment petit selon la manière dont on le regarde ? Hérésie ! s’exclameront l’ensemble des érudits qui sont aussi des adorateurs de l’expansion. Assisté des formidables outils astronomiques qu’il a conçus, l’esprit humain peut apercevoir l’univers animé d’un grand mouvement d’expansion qui pourrait avoir pour origine l'explosion d'une minuscule mais néanmoins supersupersupernova cause première du temps et du monde. Mais peut-être ne voit-il que ce qu’il veut voir. Et ses télescopes les plus grands, ses ordinateurs les plus puissants et ses théories les plus savantes n’auraient été façonnés que pour confirmer ce qu’il croyait déjà savoir et non point pour découvrir ce à quoi il n’a pas encore pensé.
Au fur et à mesure que le télescope tourne son œil de verre vers le passé du monde, vers le point oméga d’où il aurait surgi, il ne voit que nébuleuses qui poudroient, particules qui chatoient et vide qui tournoie.
Le big-bang pourrait n’être qu’un leurre qu’on s’acharne à regarder de plus en plus près. On le voit de plus en plus petit, infiniment. Et toujours des galaxies, des particules et du vide, infiniment. Infiniment petits.
lundi 2 avril 2018
La bravacherie du voile…
Symbole de l’intolérance religieuse, le voile de l’Internationale Islamiste va-t-il conquérir l’Europe ?
La question du voile a été mal posée jusqu’ici. C’est pourquoi elle a reçu une foule de réponses dont la plupart sont dénuées de sens et ne font que compliquer et passionner le débat à la grande satisfaction des barbus embusqués. Le terrorisme est multiforme. Il ne se limite pas à des attentats spectaculaires et sanglants. Le prosélytisme dont il est porteur s'étend aussi et depuis longtemps aux convictions les plus intimes.
L'Europe occidentale a ses us et coutumes dont beaucoup sont hérités du christianisme. Une imprégnation séculaire a rendu les signes chrétiens triviaux, parfois énervants mais le plus souvent insignifiants et négligeables. Dans le passé, ils ont été le prétexte à des affrontements passionnés mais aussi graveleux ou comiques dont les rebondissements attendus provoquaient ou la colère ou le sourire. Il faut convenir aujourd'hui que la quasi-disparition du catholicisme et de son influence sur les consciences ne confère plus à ses signes extérieurs qu'une valeur folklorique, de nostalgie chez certains, d'indifférence chez les autres. Mettre la chrétienté grabataire et gallicane sur le même plan que l'islamisme conquérant et allogène est une faute. Le signe de la croix s'éloigne et disparaît dans les brumes de l'histoire. Il n'inspire plus ni trouble ni crainte.
Par contre, le voile est une marque de domination. Les islamistes qui téléguident les gamines voilées n'ont aucune intention pacifique. Ils ne veulent surtout pas intégrer, associer, acclimater leur symbole plus politique que religieux à la civilisation occidentale. Ils veulent l'imposer, contraindre la société à le subir. Cette prémisse accomplie, ils poursuivront leur conquête. Ils bâtiront un État religieux sur les débris d'un État décadent et autrefois laïc.
Déjà, d'autres revendications apparaissent ici et là comme des bulles à la surface d'une eau de plus en plus bouillante : lieux de prière dans les hôpitaux et les entreprises, piscines réservées, dispenses des cours de gymnastique et de biologie, transports en communs spécifiques… L'apartheid grimace aux coins des rues où, le soir, les barbus font la police. La perméabilité de la société aux sectes favorise toutes les dérives et multiplie interdits et obligations : carême et ramadan, casher et règles alimentaires, excision et circoncision, sabbat et assomption, voile, kappa et calotte, jeûne et abstinence. Tout est bon pour embrigader et habituer à servir, à obéir, à craindre, à se soumettre.
Les anarchistes n'ont de sympathie ni pour la religion ni pour la laïcité. Et ils refusent la contrainte, celle de l'État et de ses lois, celle du capitalisme et des patrons, et celle des islamistes et de leur foulard. La solution du problème n'est vraiment pas difficile dès lors que les données sont clairement exposées.
Mais certains s'ingénient à compliquer le débat avec des arguments spécieux. Le Conseil d’État d'abord dont la dérobade est un modèle d'hypocrisie et d'encouragement aux interprétations les plus éthérées, aux interpolations les plus subtiles, aux analyses les plus byzantines. Les craintifs et les pusillanimes ensuite dont les éternels et faux bons sentiments entraînent toujours reculades et abandons.
Le libre arbitre, l'humanisme, la liberté de conscience et un ramassis de valeurs dévoyées et mal assimilées sont appelés en renfort pour justifier une résignation dégradante, une capitulation méprisable, une démission infamante. On entend sans cesse : "Il faut être tolérant…". Et les points de suspension en disent plus qu'un long discours. Il convient de les traduire avec clarté : "Il faut être tolérant avec l'intolérance". La peur du loup pousse les moutons à chercher refuge dans une fuite humiliante qu'ils ont le front de présenter comme une vertu, comme une marque de modération et d'intelligence.
Même certains anarchistes ou soi-disant, ceux-là sans doute qui naguère appelaient à voter au deuxième tour de la présidentielle, font chorus et bêlent avec le troupeau : "Je suis tolérant… Je suis tolérant… Je suis tolérant… Je rampe aux pieds des islamistes… Je pose ma tête sur le billot". Cette volupté de l'esclave s'avilissant devant le maître, ce plaisir malsain de se soumettre, cette manière de patauger dans le caniveau, de jouir de sa déchéance et de sa lâcheté, témoigne de la dégénérescence d'une civilisation qui engendra la liberté et l'égalité.
Symbole de l’intolérance religieuse, le voile de l’Internationale Islamiste va-t-il conquérir l’Europe ?
La question du voile a été mal posée jusqu’ici. C’est pourquoi elle a reçu une foule de réponses dont la plupart sont dénuées de sens et ne font que compliquer et passionner le débat à la grande satisfaction des barbus embusqués. Le terrorisme est multiforme. Il ne se limite pas à des attentats spectaculaires et sanglants. Le prosélytisme dont il est porteur s'étend aussi et depuis longtemps aux convictions les plus intimes.
L'Europe occidentale a ses us et coutumes dont beaucoup sont hérités du christianisme. Une imprégnation séculaire a rendu les signes chrétiens triviaux, parfois énervants mais le plus souvent insignifiants et négligeables. Dans le passé, ils ont été le prétexte à des affrontements passionnés mais aussi graveleux ou comiques dont les rebondissements attendus provoquaient ou la colère ou le sourire. Il faut convenir aujourd'hui que la quasi-disparition du catholicisme et de son influence sur les consciences ne confère plus à ses signes extérieurs qu'une valeur folklorique, de nostalgie chez certains, d'indifférence chez les autres. Mettre la chrétienté grabataire et gallicane sur le même plan que l'islamisme conquérant et allogène est une faute. Le signe de la croix s'éloigne et disparaît dans les brumes de l'histoire. Il n'inspire plus ni trouble ni crainte.
Par contre, le voile est une marque de domination. Les islamistes qui téléguident les gamines voilées n'ont aucune intention pacifique. Ils ne veulent surtout pas intégrer, associer, acclimater leur symbole plus politique que religieux à la civilisation occidentale. Ils veulent l'imposer, contraindre la société à le subir. Cette prémisse accomplie, ils poursuivront leur conquête. Ils bâtiront un État religieux sur les débris d'un État décadent et autrefois laïc.
Déjà, d'autres revendications apparaissent ici et là comme des bulles à la surface d'une eau de plus en plus bouillante : lieux de prière dans les hôpitaux et les entreprises, piscines réservées, dispenses des cours de gymnastique et de biologie, transports en communs spécifiques… L'apartheid grimace aux coins des rues où, le soir, les barbus font la police. La perméabilité de la société aux sectes favorise toutes les dérives et multiplie interdits et obligations : carême et ramadan, casher et règles alimentaires, excision et circoncision, sabbat et assomption, voile, kappa et calotte, jeûne et abstinence. Tout est bon pour embrigader et habituer à servir, à obéir, à craindre, à se soumettre.
Les anarchistes n'ont de sympathie ni pour la religion ni pour la laïcité. Et ils refusent la contrainte, celle de l'État et de ses lois, celle du capitalisme et des patrons, et celle des islamistes et de leur foulard. La solution du problème n'est vraiment pas difficile dès lors que les données sont clairement exposées.
Mais certains s'ingénient à compliquer le débat avec des arguments spécieux. Le Conseil d’État d'abord dont la dérobade est un modèle d'hypocrisie et d'encouragement aux interprétations les plus éthérées, aux interpolations les plus subtiles, aux analyses les plus byzantines. Les craintifs et les pusillanimes ensuite dont les éternels et faux bons sentiments entraînent toujours reculades et abandons.
Le libre arbitre, l'humanisme, la liberté de conscience et un ramassis de valeurs dévoyées et mal assimilées sont appelés en renfort pour justifier une résignation dégradante, une capitulation méprisable, une démission infamante. On entend sans cesse : "Il faut être tolérant…". Et les points de suspension en disent plus qu'un long discours. Il convient de les traduire avec clarté : "Il faut être tolérant avec l'intolérance". La peur du loup pousse les moutons à chercher refuge dans une fuite humiliante qu'ils ont le front de présenter comme une vertu, comme une marque de modération et d'intelligence.
Même certains anarchistes ou soi-disant, ceux-là sans doute qui naguère appelaient à voter au deuxième tour de la présidentielle, font chorus et bêlent avec le troupeau : "Je suis tolérant… Je suis tolérant… Je suis tolérant… Je rampe aux pieds des islamistes… Je pose ma tête sur le billot". Cette volupté de l'esclave s'avilissant devant le maître, ce plaisir malsain de se soumettre, cette manière de patauger dans le caniveau, de jouir de sa déchéance et de sa lâcheté, témoigne de la dégénérescence d'une civilisation qui engendra la liberté et l'égalité.
lundi 26 mars 2018
L'impôt c'est le vol !
L’impôt foncier est payé par le locataire ; il est compris dans le loyer. Lorsqu’un avantage fiscal est accordé au locataire, il est aussitôt compensé par une hausse des loyers. C’est une constante ; un réflexe du fort envers le faible.
Ce système universel de report de l’impôt sur le moins nanti est inhérent à la structure hiérarchique de l’État. Cette iniquité avait déjà été dénoncée par Ravachol qui aurait fait la leçon à la plupart des économistes contemporains et à beaucoup de professeurs à l’université : "Si l’on impose le propriétaire, il augmentera ses loyers et par ce fait se sera arrangé à faire supporter à ceux qui souffrent la nouvelle charge qu’on lui imposerait".
Lorsqu’un pauvre achète un pain, il paie la T.V.A., et aussi toutes les charges sociales et les impôts de la chaîne des intermédiaires dont les prestations, de l’agriculteur au boulanger en passant par les transporteurs et tous les autres intervenants, aboutissent à la mise sur le marché du pain dont il fera son repas. Quand le gouvernement augmente les impôts de l’un de ces intermédiaires, du meunier par exemple, le prix de la farine est adapté en proportion et répercuté tout au long de la chaîne jusqu’au consommateur final. Et c’est le pauvre qui est au bout du bout qui paiera la majoration de l’impôt sur la farine en achetant son pain. Mais les pauvres ne sont pas les seuls à manger du pain. Lorsqu’un fabricant de chaussures par exemple achète un pain et qu’il constate que le prix est majoré en raison d’un impôt payé à l’un des maillons de la chaîne, en concertation avec ses collègues marchands de chaussures, il augmentera le prix de ses fabrications pour compenser le surprix qu’il a dû payer. Lorsque le pauvre achètera une paire de chaussures, il devra payer un prix plus élevé pour neutraliser l’augmentation du prix du pain payé par le fabricant. Et si un entrepreneur en plomberie achète un pain ou une paire de chaussures, il s’apercevra que les prix ont augmenté et il adaptera à son tour le prix de ses prestations.
Il reste à espérer que le pauvre, qui ne peut jamais répercuter l’impôt qu’il paie pour les autres, n’aura pas à faire réparer une fuite d’eau car il paiera encore une fois l’impôt d’un autre.
Ainsi, dans un système étatique quel qu’il soit, l’impôt est toujours répercuté par le plus nanti sur celui que le hasard a placé plus bas sur l’échelle sociale. D’échelon en échelon, l’impôt descend jusqu’au sol où se situe le pauvre qui sera le seul à payer sans pouvoir rien répercuter sur le suivant. La boule de neige grossit et dévale la pente pour aboutir sur le pauvre qu’elle écrase sans rémission.
Chaque centime tombé dans l’escarcelle de l’État a été volé aux pauvres par ce procédé. Et comme l’État agit toujours en situation de monopole dans tout ce qu’il entreprend, ce fait a pour conséquence que tout ce qu’il gouverne est miné dès avant l’entame par l’incompétence des politiciens et des fonctionnaires, par des gaspillages sans fin et des prébendes, car rien n’est trop beau ni trop cher lorsqu’on n’a pas de responsabilité, pas d’obligation de résultat et qu’on n’a aucun compte à rendre. Il suffit de puiser mais il faut néanmoins veiller à ce qu’il y ait suffisamment de pauvres avant d’écoper.
Les "élus" construisent des palais et s’y installent. Luxe et volupté, ils voyagent dans des avions privés et descendent dans les suites des hôtels les plus somptueux. Ils se rétribuent et augmentent eux-mêmes leurs émoluments en s’attribuant des liasses de millions filoutés. Ils entretiennent leur cour et subsidient leurs amis. Ils mènent une vie de milliardaires avec l’argent qu’ils ont volé aux pauvres. Le train de vie de l’État est tout semblable à celui des féodaux et des aristocrates de l’Ancien Régime. Sous toutes les latitudes ou dans l’histoire, aucun État n’y échappe.
Quant aux fameux "services publics" dont on nous rebat les oreilles du matin jusqu’au soir à grand renfort de miroirs aux alouettes, ils sont toujours en lourde perte puisque, serinent les médias, le profit est un vice et le déficit une vertu. En réalité, il s’agit d’entreprises de type soviétique qui souffrent des mêmes tares et endurent les mêmes abus que leurs consœurs en faillite de la défunte U.R.S.S. Comme les lapins en Australie, les entreprises et les organismes d’État se sont multipliés au point que personne ne peut les dénombrer. Mais chacun de ces nids douillets engraisse des politiciens et des fonctionnaires bien dodus et bien protégés. En occultant les gaspillages, les incompétences, les rentes de situation et tutti quanti, on dissimule surtout que ces gouffres à milliards sont exclusivement financés et renfloués par les pauvres qui paient plus que ce qu’ils en retirent au profit des riches qui ne paient pas ce qu’ils en prélèvent. Par exemple, les pauvres ont payé l’infrastructure du T.G.V. et supportent une partie du prix des tickets des nantis pour un moyen de transport qu’ils n’utiliseront jamais. On en dira autant de la poste qui est surtout utilisée par les entreprises mais dont le déficit chronique est épongé avec l’argent des pauvres. Fleuron de la bannière socialiste et réformiste, la Sécurité sociale est entièrement financée par les petits qui, en encaissant un maigre remboursement au guichet de leur mutuelle, oublient que par ailleurs ils ont payé la médecine des riches qui, comme chacun sait, n’a jamais été celle des pauvres. Les pauvres paient leurs propres soins et ceux des riches. Ils en meurent avant les riches.
Hold-up sur la petite épargne qui lui permet de rembourser ses dettes en monnaie de singe, l’inflation est pilotée par le gouvernement en modulant plus ou moins les prélèvements. Une baisse des impôts relance la consommation par la diminution des prix qu’elle induit et une augmentation de la pression fiscale absorbe une partie du pouvoir d’achat et freine la consommation comme le montre la majoration des taxes sur le tabac qui n’est qu’un exemple parmi une multitude d’autres. La règle est intangible : tout produit, marchandise ou prestation contient l’impôt et celui-ci est toujours répercuté sur le suivant. Seul le pauvre paiera l’impôt parce qu’il n’a pas de suivant.
Dans le système hiérarchique et capitaliste étatique, l’étude de la fiscalité permet de donner une définition objective du pauvre : à l’exclusion du fonctionnaire qui est un oppresseur, le pauvre est celui qui ne peut pas faire payer son impôt par un autre.
L’impôt foncier est payé par le locataire ; il est compris dans le loyer. Lorsqu’un avantage fiscal est accordé au locataire, il est aussitôt compensé par une hausse des loyers. C’est une constante ; un réflexe du fort envers le faible.
Ce système universel de report de l’impôt sur le moins nanti est inhérent à la structure hiérarchique de l’État. Cette iniquité avait déjà été dénoncée par Ravachol qui aurait fait la leçon à la plupart des économistes contemporains et à beaucoup de professeurs à l’université : "Si l’on impose le propriétaire, il augmentera ses loyers et par ce fait se sera arrangé à faire supporter à ceux qui souffrent la nouvelle charge qu’on lui imposerait".
Lorsqu’un pauvre achète un pain, il paie la T.V.A., et aussi toutes les charges sociales et les impôts de la chaîne des intermédiaires dont les prestations, de l’agriculteur au boulanger en passant par les transporteurs et tous les autres intervenants, aboutissent à la mise sur le marché du pain dont il fera son repas. Quand le gouvernement augmente les impôts de l’un de ces intermédiaires, du meunier par exemple, le prix de la farine est adapté en proportion et répercuté tout au long de la chaîne jusqu’au consommateur final. Et c’est le pauvre qui est au bout du bout qui paiera la majoration de l’impôt sur la farine en achetant son pain. Mais les pauvres ne sont pas les seuls à manger du pain. Lorsqu’un fabricant de chaussures par exemple achète un pain et qu’il constate que le prix est majoré en raison d’un impôt payé à l’un des maillons de la chaîne, en concertation avec ses collègues marchands de chaussures, il augmentera le prix de ses fabrications pour compenser le surprix qu’il a dû payer. Lorsque le pauvre achètera une paire de chaussures, il devra payer un prix plus élevé pour neutraliser l’augmentation du prix du pain payé par le fabricant. Et si un entrepreneur en plomberie achète un pain ou une paire de chaussures, il s’apercevra que les prix ont augmenté et il adaptera à son tour le prix de ses prestations.
Il reste à espérer que le pauvre, qui ne peut jamais répercuter l’impôt qu’il paie pour les autres, n’aura pas à faire réparer une fuite d’eau car il paiera encore une fois l’impôt d’un autre.
Ainsi, dans un système étatique quel qu’il soit, l’impôt est toujours répercuté par le plus nanti sur celui que le hasard a placé plus bas sur l’échelle sociale. D’échelon en échelon, l’impôt descend jusqu’au sol où se situe le pauvre qui sera le seul à payer sans pouvoir rien répercuter sur le suivant. La boule de neige grossit et dévale la pente pour aboutir sur le pauvre qu’elle écrase sans rémission.
Chaque centime tombé dans l’escarcelle de l’État a été volé aux pauvres par ce procédé. Et comme l’État agit toujours en situation de monopole dans tout ce qu’il entreprend, ce fait a pour conséquence que tout ce qu’il gouverne est miné dès avant l’entame par l’incompétence des politiciens et des fonctionnaires, par des gaspillages sans fin et des prébendes, car rien n’est trop beau ni trop cher lorsqu’on n’a pas de responsabilité, pas d’obligation de résultat et qu’on n’a aucun compte à rendre. Il suffit de puiser mais il faut néanmoins veiller à ce qu’il y ait suffisamment de pauvres avant d’écoper.
Les "élus" construisent des palais et s’y installent. Luxe et volupté, ils voyagent dans des avions privés et descendent dans les suites des hôtels les plus somptueux. Ils se rétribuent et augmentent eux-mêmes leurs émoluments en s’attribuant des liasses de millions filoutés. Ils entretiennent leur cour et subsidient leurs amis. Ils mènent une vie de milliardaires avec l’argent qu’ils ont volé aux pauvres. Le train de vie de l’État est tout semblable à celui des féodaux et des aristocrates de l’Ancien Régime. Sous toutes les latitudes ou dans l’histoire, aucun État n’y échappe.
Quant aux fameux "services publics" dont on nous rebat les oreilles du matin jusqu’au soir à grand renfort de miroirs aux alouettes, ils sont toujours en lourde perte puisque, serinent les médias, le profit est un vice et le déficit une vertu. En réalité, il s’agit d’entreprises de type soviétique qui souffrent des mêmes tares et endurent les mêmes abus que leurs consœurs en faillite de la défunte U.R.S.S. Comme les lapins en Australie, les entreprises et les organismes d’État se sont multipliés au point que personne ne peut les dénombrer. Mais chacun de ces nids douillets engraisse des politiciens et des fonctionnaires bien dodus et bien protégés. En occultant les gaspillages, les incompétences, les rentes de situation et tutti quanti, on dissimule surtout que ces gouffres à milliards sont exclusivement financés et renfloués par les pauvres qui paient plus que ce qu’ils en retirent au profit des riches qui ne paient pas ce qu’ils en prélèvent. Par exemple, les pauvres ont payé l’infrastructure du T.G.V. et supportent une partie du prix des tickets des nantis pour un moyen de transport qu’ils n’utiliseront jamais. On en dira autant de la poste qui est surtout utilisée par les entreprises mais dont le déficit chronique est épongé avec l’argent des pauvres. Fleuron de la bannière socialiste et réformiste, la Sécurité sociale est entièrement financée par les petits qui, en encaissant un maigre remboursement au guichet de leur mutuelle, oublient que par ailleurs ils ont payé la médecine des riches qui, comme chacun sait, n’a jamais été celle des pauvres. Les pauvres paient leurs propres soins et ceux des riches. Ils en meurent avant les riches.
Hold-up sur la petite épargne qui lui permet de rembourser ses dettes en monnaie de singe, l’inflation est pilotée par le gouvernement en modulant plus ou moins les prélèvements. Une baisse des impôts relance la consommation par la diminution des prix qu’elle induit et une augmentation de la pression fiscale absorbe une partie du pouvoir d’achat et freine la consommation comme le montre la majoration des taxes sur le tabac qui n’est qu’un exemple parmi une multitude d’autres. La règle est intangible : tout produit, marchandise ou prestation contient l’impôt et celui-ci est toujours répercuté sur le suivant. Seul le pauvre paiera l’impôt parce qu’il n’a pas de suivant.
Dans le système hiérarchique et capitaliste étatique, l’étude de la fiscalité permet de donner une définition objective du pauvre : à l’exclusion du fonctionnaire qui est un oppresseur, le pauvre est celui qui ne peut pas faire payer son impôt par un autre.
lundi 19 mars 2018
Les fonctionnaires
L'État est toujours l'expression des puissants, du grand capital et des nantis. L'État s'est réservé le monopole de la violence qu'il utilise pour imposer ses volontés et pour contraindre à la soumission. L'État maintient le peuple dans l'obéissance et dans la servitude ; il permet l'exploitation de son travail et il réprime ses révoltes. Instrument de domination et d'oppression, l'Etat doit être anéanti.
Pour se perpétuer, pour ne pas être emporté par les excès mêmes de ses crimes et de ses forfaits, pour les dissimuler, les rendre moins apparents, pour en changer l'aspect sans en modifier la nature ni la démesure, l'État a besoin d'armes et d'outils. Ainsi, l'État bâtit des prisons où il enferme ceux qui refusent de se soumettre à ses décrets, de se plier à son bon vouloir, de se charger des chaînes forgées dans l'enceinte de ses parlements et de ses prétoires ; il lève des impôts, qu'il perçoit par la menace d'abord, par la contrainte ensuite ; il fait la guerre, qu'il entreprend pour dépouiller un concurrent ou pour reprendre en main un peuple exaspéré par ses turpitudes. Mais son outil préféré et privilégié, celui qui serre le mieux les mâchoires de son étau, reste la foule des fonctionnaires, instruments dociles et choyés, petits soldats de l'oppression entraînés à contraindre, à sévir, à faire peur, à punir avec cruauté, à se salir les mains dans les basses besognes.
Du berceau au cercueil, et même en deçà et au-delà, les fonctionnaires épient le citoyen, qu'il soit docile ou tire-au-flanc. Ils voudraient lui inspirer ses pensées et surveiller ses sentiments ; ils ne peuvent pour le moment qu'en punir l'expression.
La cohue des fonctionnaires comprend les enseignants, les policiers, les magistrats, les gratte-papier, les militaires et beaucoup d'autres ronds-de-cuir et spécialistes de la cocotte en papier plus ou moins embusqués dans les méandres de l'Administration. L'État lui-même est incapable d'en dénombrer la multitude. À ces myriades, il conviendrait même d'ajouter tous ceux qui tirent de l'État l'essentiel de leur subsistance, qui mourraient avec lui comme certains champignons qui croissent en symbiose avec leur protecteur l'un profitant de l'autre pour mieux prospérer, se protéger, se développer : les agriculteurs, les professionnels de la santé, les journaux et médias divers, et les associations plus ou moins caritatives, tous grassement subventionnés avec l'argent que l'État vole aux pauvres par l'impôt.
Assurés de la sécurité de l'emploi, d'un travail léger, d'une bonne pension et de satisfactions multiples comme celles d'humilier les assujettis, de poursuivre les redevables et de soumettre les récalcitrants, les fonctionnaires sont les plus fermes soutiens de l'État et les protagonistes de ses exactions.
Les enseignants en particulier sont chargés d'une mission délicate. Ils doivent former des citoyens respectueux de l'État capitaliste, soumis à son autorité et comprenant sinon approuvant la présence d'un dispositif de contrainte sans faille. Il faut profiter de la malléabilité des jeunes cerveaux pour y graver quelques principes utiles comme la confiance nécessaire envers la justice, l'impartialité et l'honnêteté de la magistrature, la paix sociale garantie par des institutions solides et démocratiques, la probité de l'Administration et de ses fonctionnaires. Plutôt que d'apprendre à lire, à écrire et à compter, il faut inculquer que si la puissance de l'État est effrayante, elle est légitime et bonne ; que ce sont les inconséquences et les résistances des citoyens qui sont illégitimes et mauvaises. La rébellion contre l'État est une blessure infligée à la collectivité tout entière et revêt un caractère de gravité que n'ont pas les petits délits ordinaires perpétrés contre des individus isolés ou des petits groupes qui, souvent par leur comportement, ne sont pas tout à fait innocents des faits dont ils se disent victimes ou dont ils se plaignent. L'État et ses institutions, par leur importance même, doivent être protégés contre la subversion mieux encore que ne doivent l'être les victimes de faits divers dont l'individualisme et l'égoïsme inspirent le mépris et même excusent ou motivent l'agression. L'échelle des valeurs ne doit pas être perdue de vue. L'Éducation nationale organisée par l'État inculque à la jeunesse de sains principes : un État impeccable et des citoyens vulnérables. La société est divisée en deux parties, le corps de l'État, son Administration et ses fonctionnaires d'une part, partie intègre et respectable, et la masse des citoyens animés d'intentions basses d'autre part, partie rebelle et déjà coupable d'une société qu'il faut protéger. D'ailleurs, comparé au monolithe des fonctionnaires, la masse de la population, hétéroclite, mouvante, animée de pulsions dangereuses, de violences incontrôlables, de velléités sauvages et irraisonnées, montre assez la nécessité d'une barrière pour la contenir et de sanctions pour la maîtriser, ne serait-ce que pour répondre au souci légitime de la partie saine de la population. Ainsi se trouve justifié le renforcement continuel d'un appareil judiciaire et policier démesuré qui finalement se trouve bien davantage utilisé pour protéger des institutions oppressives et coercitives que pour répondre à l'illusion d'une insécurité fabriquée, provoquée ou amplifiée à dessein.
Pour informer la population de manière savante de telle sorte qu'il ne soit pas possible de mettre en doute des vérités tombées de si haut, les journaux et la télévision invitent et questionnent régulièrement des professeurs d'université qui expliquent en termes congrus les raisons de la dépression économique, les subtilités des variations des flux monétaires ou l'utilité des courbes de la valeur des options calculées par la formule de Black et Scholes. Le remède aux incertitudes sera toujours le même. Ces bons fonctionnaires universitaires préconiseront un renforcement des pouvoirs de l'État pour régulariser les vagues inflationnistes et calmer la conjoncture. Que ce soit en matière sociale, environnementale, artistique, économique, scolaire, psychologique et même climatique, la panacée sera toujours une augmentation des moyens budgétaires et un renforcement des pouvoirs de l'État et de ses séides. Un peu plus de répression et les fonctionnaires sont heureux. Mais les vedettes de la télévision sont ces grands serviteurs de l'État, ces grands professeurs en sciences sociales et psychologiques qui déploient des trésors d'éloquence et d'intelligence pour montrer d'abord combien l'État est généreux et charitable envers les défavorisés et pour ensuite admonester les pauvres toujours mécontents qui ne cessent de critiquer l'État quand celui-ci leur restitue un dixième de ce qu'il leur a volé alors qu'il aurait pu ou dû les laisser croupir dans leur bauge.
Les fonctionnaires sont disposés en couches bien tassées. D'abord les agents des municipalités, puis ceux des départements, des régions et de l'État. Comme cela n'était pas suffisant et qu'une petite liberté aurait pu néanmoins fleurir sur le fumier, une carapace européenne a été ajoutée. Ainsi, de strates en strates superposées de plus en plus imperméables et compactes, la liberté se trouve ensevelie sans espoir de franchir jamais l'épaisseur de tous ces sédiments. Même s'ils sont encore mieux rémunérés et s'ils jouissent d'encore plus de privilèges que leurs collègues nationaux, les fonctionnaires européens ne leur sont pas inférieurs non plus en machiavélisme. Plus de la moitié de l'énorme budget européen est distribué à trois pour cent seulement de la population. La collusion des États avec le grand capital est ainsi à nouveau constatée car les bénéficiaires de la manne européenne ne comptent pas parmi les démunis, certains d'entre eux sont des milliardaires qui attendent de l'Europe qu'elle arrondisse encore leur tour de taille. L'habileté européenne est ici diabolique. En complicité avec le gouvernement U.S., la PAC maintient artificiellement des cours trop bas sur le marché international des céréales et des produits alimentaires, ruinant ainsi l'agriculture des pays du sud et les maintenant dans une situation de dénuement chronique, proies offertes aux charognards multinationaux avides de matières premières, de produits exotiques bon marché et exploiteurs d'une main-d’œuvre peu exigeante parce qu'affamée et décimée par la maladie et la misère. Face aux États et au grand capital coalisés, le tiers-monde n'est qu'une noisette que l'on casse entre le pouce et l'index.
L'État est toujours l'expression des puissants, du grand capital et des nantis. L'État s'est réservé le monopole de la violence qu'il utilise pour imposer ses volontés et pour contraindre à la soumission. L'État maintient le peuple dans l'obéissance et dans la servitude ; il permet l'exploitation de son travail et il réprime ses révoltes. Instrument de domination et d'oppression, l'Etat doit être anéanti.
Pour se perpétuer, pour ne pas être emporté par les excès mêmes de ses crimes et de ses forfaits, pour les dissimuler, les rendre moins apparents, pour en changer l'aspect sans en modifier la nature ni la démesure, l'État a besoin d'armes et d'outils. Ainsi, l'État bâtit des prisons où il enferme ceux qui refusent de se soumettre à ses décrets, de se plier à son bon vouloir, de se charger des chaînes forgées dans l'enceinte de ses parlements et de ses prétoires ; il lève des impôts, qu'il perçoit par la menace d'abord, par la contrainte ensuite ; il fait la guerre, qu'il entreprend pour dépouiller un concurrent ou pour reprendre en main un peuple exaspéré par ses turpitudes. Mais son outil préféré et privilégié, celui qui serre le mieux les mâchoires de son étau, reste la foule des fonctionnaires, instruments dociles et choyés, petits soldats de l'oppression entraînés à contraindre, à sévir, à faire peur, à punir avec cruauté, à se salir les mains dans les basses besognes.
Du berceau au cercueil, et même en deçà et au-delà, les fonctionnaires épient le citoyen, qu'il soit docile ou tire-au-flanc. Ils voudraient lui inspirer ses pensées et surveiller ses sentiments ; ils ne peuvent pour le moment qu'en punir l'expression.
La cohue des fonctionnaires comprend les enseignants, les policiers, les magistrats, les gratte-papier, les militaires et beaucoup d'autres ronds-de-cuir et spécialistes de la cocotte en papier plus ou moins embusqués dans les méandres de l'Administration. L'État lui-même est incapable d'en dénombrer la multitude. À ces myriades, il conviendrait même d'ajouter tous ceux qui tirent de l'État l'essentiel de leur subsistance, qui mourraient avec lui comme certains champignons qui croissent en symbiose avec leur protecteur l'un profitant de l'autre pour mieux prospérer, se protéger, se développer : les agriculteurs, les professionnels de la santé, les journaux et médias divers, et les associations plus ou moins caritatives, tous grassement subventionnés avec l'argent que l'État vole aux pauvres par l'impôt.
Assurés de la sécurité de l'emploi, d'un travail léger, d'une bonne pension et de satisfactions multiples comme celles d'humilier les assujettis, de poursuivre les redevables et de soumettre les récalcitrants, les fonctionnaires sont les plus fermes soutiens de l'État et les protagonistes de ses exactions.
Les enseignants en particulier sont chargés d'une mission délicate. Ils doivent former des citoyens respectueux de l'État capitaliste, soumis à son autorité et comprenant sinon approuvant la présence d'un dispositif de contrainte sans faille. Il faut profiter de la malléabilité des jeunes cerveaux pour y graver quelques principes utiles comme la confiance nécessaire envers la justice, l'impartialité et l'honnêteté de la magistrature, la paix sociale garantie par des institutions solides et démocratiques, la probité de l'Administration et de ses fonctionnaires. Plutôt que d'apprendre à lire, à écrire et à compter, il faut inculquer que si la puissance de l'État est effrayante, elle est légitime et bonne ; que ce sont les inconséquences et les résistances des citoyens qui sont illégitimes et mauvaises. La rébellion contre l'État est une blessure infligée à la collectivité tout entière et revêt un caractère de gravité que n'ont pas les petits délits ordinaires perpétrés contre des individus isolés ou des petits groupes qui, souvent par leur comportement, ne sont pas tout à fait innocents des faits dont ils se disent victimes ou dont ils se plaignent. L'État et ses institutions, par leur importance même, doivent être protégés contre la subversion mieux encore que ne doivent l'être les victimes de faits divers dont l'individualisme et l'égoïsme inspirent le mépris et même excusent ou motivent l'agression. L'échelle des valeurs ne doit pas être perdue de vue. L'Éducation nationale organisée par l'État inculque à la jeunesse de sains principes : un État impeccable et des citoyens vulnérables. La société est divisée en deux parties, le corps de l'État, son Administration et ses fonctionnaires d'une part, partie intègre et respectable, et la masse des citoyens animés d'intentions basses d'autre part, partie rebelle et déjà coupable d'une société qu'il faut protéger. D'ailleurs, comparé au monolithe des fonctionnaires, la masse de la population, hétéroclite, mouvante, animée de pulsions dangereuses, de violences incontrôlables, de velléités sauvages et irraisonnées, montre assez la nécessité d'une barrière pour la contenir et de sanctions pour la maîtriser, ne serait-ce que pour répondre au souci légitime de la partie saine de la population. Ainsi se trouve justifié le renforcement continuel d'un appareil judiciaire et policier démesuré qui finalement se trouve bien davantage utilisé pour protéger des institutions oppressives et coercitives que pour répondre à l'illusion d'une insécurité fabriquée, provoquée ou amplifiée à dessein.
Pour informer la population de manière savante de telle sorte qu'il ne soit pas possible de mettre en doute des vérités tombées de si haut, les journaux et la télévision invitent et questionnent régulièrement des professeurs d'université qui expliquent en termes congrus les raisons de la dépression économique, les subtilités des variations des flux monétaires ou l'utilité des courbes de la valeur des options calculées par la formule de Black et Scholes. Le remède aux incertitudes sera toujours le même. Ces bons fonctionnaires universitaires préconiseront un renforcement des pouvoirs de l'État pour régulariser les vagues inflationnistes et calmer la conjoncture. Que ce soit en matière sociale, environnementale, artistique, économique, scolaire, psychologique et même climatique, la panacée sera toujours une augmentation des moyens budgétaires et un renforcement des pouvoirs de l'État et de ses séides. Un peu plus de répression et les fonctionnaires sont heureux. Mais les vedettes de la télévision sont ces grands serviteurs de l'État, ces grands professeurs en sciences sociales et psychologiques qui déploient des trésors d'éloquence et d'intelligence pour montrer d'abord combien l'État est généreux et charitable envers les défavorisés et pour ensuite admonester les pauvres toujours mécontents qui ne cessent de critiquer l'État quand celui-ci leur restitue un dixième de ce qu'il leur a volé alors qu'il aurait pu ou dû les laisser croupir dans leur bauge.
Les fonctionnaires sont disposés en couches bien tassées. D'abord les agents des municipalités, puis ceux des départements, des régions et de l'État. Comme cela n'était pas suffisant et qu'une petite liberté aurait pu néanmoins fleurir sur le fumier, une carapace européenne a été ajoutée. Ainsi, de strates en strates superposées de plus en plus imperméables et compactes, la liberté se trouve ensevelie sans espoir de franchir jamais l'épaisseur de tous ces sédiments. Même s'ils sont encore mieux rémunérés et s'ils jouissent d'encore plus de privilèges que leurs collègues nationaux, les fonctionnaires européens ne leur sont pas inférieurs non plus en machiavélisme. Plus de la moitié de l'énorme budget européen est distribué à trois pour cent seulement de la population. La collusion des États avec le grand capital est ainsi à nouveau constatée car les bénéficiaires de la manne européenne ne comptent pas parmi les démunis, certains d'entre eux sont des milliardaires qui attendent de l'Europe qu'elle arrondisse encore leur tour de taille. L'habileté européenne est ici diabolique. En complicité avec le gouvernement U.S., la PAC maintient artificiellement des cours trop bas sur le marché international des céréales et des produits alimentaires, ruinant ainsi l'agriculture des pays du sud et les maintenant dans une situation de dénuement chronique, proies offertes aux charognards multinationaux avides de matières premières, de produits exotiques bon marché et exploiteurs d'une main-d’œuvre peu exigeante parce qu'affamée et décimée par la maladie et la misère. Face aux États et au grand capital coalisés, le tiers-monde n'est qu'une noisette que l'on casse entre le pouce et l'index.
lundi 12 mars 2018
L'ethnologie
À la suite de Linné, de Buffon et des encyclopédistes qui ont commencé à classifier minéraux, plantes et animaux, les naturalistes des XIXe et XXe siècles ont poursuivi l'inventaire de la nature et examiné des millions d'espèces de toutes sortes non sans s'intéresser particulièrement au genre humain. Habitués à tout ranger en catégories et familles selon un ensemble de critères déterminés pour les animaux tels que chevaux ou chiens, ils avaient aussi entrepris le même travail sur l'espèce humaine.
Alors que l'on compte des chevaux de labour et de selle, des chiens de chasse et de garde, il devait exister des êtres humains de diverses catégories qu'il convenait de répertorier et de classifier. Jusqu'à une période récente, on apprenait à l'école que plusieurs races se rencontrent : les blancs, les jaunes, les noirs, et parfois les rouges. Jusque dans les années cinquante, des missions étaient envoyées dans l'Empire français pour répertorier les races indigènes. Armés d'un mètre ruban et d'un pied à coulisse, les experts mesuraient les membres, les faces, les crânes, les oreilles et les nez des sujets qu'ils examinaient. Ils déterminaient ainsi leurs caractères physiques mais aussi intellectuels. Les publications savantes de l'époque insistent sur les traits primitifs des populations africaines qui ne sauraient se comparer aux qualités reconnues des Européens car on est toujours prêt à s'extasier sur son propre nombril.
Mais, au fur et à mesure que la vérité se faisait jour quant à la conduite de l’Allemagne nationale-socialiste pendant la guerre, que l'on connaissait mieux la perversion qui peu à peu conduit de la philosophie à l'abjection, le monde commençait à avoir honte de soi-même. Armés d'un mètre ruban et d'un pied à coulisse, on voyait sur les images filmées les experts allemands mesurer les membres, les faces, les crânes, les oreilles et les nez des sujets qu'ils examinaient avant de les envoyer vers l'extermination. Les mêmes gestes et le même discours en Afrique et en Allemagne pouvaient-ils avoir des significations aussi différentes ?
Une science ne pouvait cautionner des errements criminels. Il fallait revoir les théories, corriger les livres, redresser les mentalités, amender les programmes de recherche, réformer les universités. En hâte, les politiques s'empressèrent de mettre à bas quelques lustres et quelques décennies d'études et ils contraignirent l'ethnologie à se mouler dans une éthique nouvelle et à n'en point sortir même en pensée dès lors qu'on aurait pu la deviner. La sévérité était à la mesure d'une émotion plus forte que toute autre considération.
Ainsi, on ne saurait parler d'une supériorité d'un groupe ethnique sur un autre. Tous les êtres humains ont les mêmes potentialités et il serait abusif de prétendre que certains possèderaient des caractères qui les rendraient meilleurs ou moins bons dans l'une ou l'autre discipline physique ou intellectuelle. Voilà qui est réconfortant pour bon nombre de personnes qui se croyaient sous douées à la vue des athlètes noirs américains qui gagnent toutes les courses de sprint ou d'autres coureurs presque aussi basanés mais originaires d'Ethiopie et du Kenya qui galopent comme des antilopes et raflent toutes les médailles dans les courses de fond. On mentionnera aussi d'autres personnes qui leur ressemblent beaucoup et qui ont apporté à la civilisation la musique de jazz dont on ne peut plus se passer. Les scientifiques et les politiciens, main dans la main et caquetant à l'unisson, nous assurent qu'il s'agit là d'une manifestation du hasard qui favorise ou pénalise l'un puis l'autre et parfois un groupe plus ou moins important sans que l'on puisse invoquer l'influence de facteurs génétiques ou ethniques. La morale est sauve ce qui est l'essentiel surtout si l'on se maintient la tête dans le sable.
Quelques philosophes achevèrent de réglementer les pensées en publiant de gros livres illisibles mais très savants qui enlevaient tout doute quant à la vanité de vouloir évaluer les différences ethniques autrement qu'en spécificités culturelles. Les articles de journaux et d'autres livres prirent le relais et un conformisme soupçonneux, un consensus vigilant s'installa durablement et semble-t-il définitivement. Faut-il s'en plaindre ?
Mais l'ethnologie sinistrée avait perdu jusqu'à sa définition. Sans avoir jamais été une science, elle n'était plus qu'un mot qu'on n'utilisait qu'avec précaution.
Elle allait cependant renaître d'une manière tout à fait inattendue, non pas en tant que discipline scientifique mais comme courant littéraire et poétique.
Dépouillé de ses valeurs, semblant déshérité et comme chassé du temple, l'ethnologue n'a pas disparu pour autant dans les sept cercles de l'enfer. Surveillé de toutes parts, il n'a jamais cessé de parcourir terres et mers, depuis les déserts glacés ou torrides jusqu'au forêts inviolées il a observé hommes et bêtes sous tous les climats, étudié leurs conditions d'existence, leurs mœurs, leurs instincts ; il a vécu au milieu de peuples inconnus, découvert leurs religions, examiné leurs industries, analysé leurs coutumes ; il ne s'est arrêté que pour écrire. Les carnets de notes remplis de griffonnages encore vivants, les malles pleines de la mémoire des multitudes, sans doute ébloui par les prodiges de la diversité et des beautés du monde, alors il a déposé son paquetage pour libérer le trop plein de sa sensibilité dans des pages parmi les plus achevées et les plus inspirées de notre temps, comme "Race et Histoire" de Claude Lévi-Strauss. Asservi à sa chaîne morale comme naguères les poètes l'étaient à la rime, il a non seulement rajeuni une discipline regardée comme sulfureuse mais il a surtout élevé l'art d'écrire au niveau des plus grands.
À la suite de Linné, de Buffon et des encyclopédistes qui ont commencé à classifier minéraux, plantes et animaux, les naturalistes des XIXe et XXe siècles ont poursuivi l'inventaire de la nature et examiné des millions d'espèces de toutes sortes non sans s'intéresser particulièrement au genre humain. Habitués à tout ranger en catégories et familles selon un ensemble de critères déterminés pour les animaux tels que chevaux ou chiens, ils avaient aussi entrepris le même travail sur l'espèce humaine.
Alors que l'on compte des chevaux de labour et de selle, des chiens de chasse et de garde, il devait exister des êtres humains de diverses catégories qu'il convenait de répertorier et de classifier. Jusqu'à une période récente, on apprenait à l'école que plusieurs races se rencontrent : les blancs, les jaunes, les noirs, et parfois les rouges. Jusque dans les années cinquante, des missions étaient envoyées dans l'Empire français pour répertorier les races indigènes. Armés d'un mètre ruban et d'un pied à coulisse, les experts mesuraient les membres, les faces, les crânes, les oreilles et les nez des sujets qu'ils examinaient. Ils déterminaient ainsi leurs caractères physiques mais aussi intellectuels. Les publications savantes de l'époque insistent sur les traits primitifs des populations africaines qui ne sauraient se comparer aux qualités reconnues des Européens car on est toujours prêt à s'extasier sur son propre nombril.
Mais, au fur et à mesure que la vérité se faisait jour quant à la conduite de l’Allemagne nationale-socialiste pendant la guerre, que l'on connaissait mieux la perversion qui peu à peu conduit de la philosophie à l'abjection, le monde commençait à avoir honte de soi-même. Armés d'un mètre ruban et d'un pied à coulisse, on voyait sur les images filmées les experts allemands mesurer les membres, les faces, les crânes, les oreilles et les nez des sujets qu'ils examinaient avant de les envoyer vers l'extermination. Les mêmes gestes et le même discours en Afrique et en Allemagne pouvaient-ils avoir des significations aussi différentes ?
Une science ne pouvait cautionner des errements criminels. Il fallait revoir les théories, corriger les livres, redresser les mentalités, amender les programmes de recherche, réformer les universités. En hâte, les politiques s'empressèrent de mettre à bas quelques lustres et quelques décennies d'études et ils contraignirent l'ethnologie à se mouler dans une éthique nouvelle et à n'en point sortir même en pensée dès lors qu'on aurait pu la deviner. La sévérité était à la mesure d'une émotion plus forte que toute autre considération.
Ainsi, on ne saurait parler d'une supériorité d'un groupe ethnique sur un autre. Tous les êtres humains ont les mêmes potentialités et il serait abusif de prétendre que certains possèderaient des caractères qui les rendraient meilleurs ou moins bons dans l'une ou l'autre discipline physique ou intellectuelle. Voilà qui est réconfortant pour bon nombre de personnes qui se croyaient sous douées à la vue des athlètes noirs américains qui gagnent toutes les courses de sprint ou d'autres coureurs presque aussi basanés mais originaires d'Ethiopie et du Kenya qui galopent comme des antilopes et raflent toutes les médailles dans les courses de fond. On mentionnera aussi d'autres personnes qui leur ressemblent beaucoup et qui ont apporté à la civilisation la musique de jazz dont on ne peut plus se passer. Les scientifiques et les politiciens, main dans la main et caquetant à l'unisson, nous assurent qu'il s'agit là d'une manifestation du hasard qui favorise ou pénalise l'un puis l'autre et parfois un groupe plus ou moins important sans que l'on puisse invoquer l'influence de facteurs génétiques ou ethniques. La morale est sauve ce qui est l'essentiel surtout si l'on se maintient la tête dans le sable.
Quelques philosophes achevèrent de réglementer les pensées en publiant de gros livres illisibles mais très savants qui enlevaient tout doute quant à la vanité de vouloir évaluer les différences ethniques autrement qu'en spécificités culturelles. Les articles de journaux et d'autres livres prirent le relais et un conformisme soupçonneux, un consensus vigilant s'installa durablement et semble-t-il définitivement. Faut-il s'en plaindre ?
Mais l'ethnologie sinistrée avait perdu jusqu'à sa définition. Sans avoir jamais été une science, elle n'était plus qu'un mot qu'on n'utilisait qu'avec précaution.
Elle allait cependant renaître d'une manière tout à fait inattendue, non pas en tant que discipline scientifique mais comme courant littéraire et poétique.
Dépouillé de ses valeurs, semblant déshérité et comme chassé du temple, l'ethnologue n'a pas disparu pour autant dans les sept cercles de l'enfer. Surveillé de toutes parts, il n'a jamais cessé de parcourir terres et mers, depuis les déserts glacés ou torrides jusqu'au forêts inviolées il a observé hommes et bêtes sous tous les climats, étudié leurs conditions d'existence, leurs mœurs, leurs instincts ; il a vécu au milieu de peuples inconnus, découvert leurs religions, examiné leurs industries, analysé leurs coutumes ; il ne s'est arrêté que pour écrire. Les carnets de notes remplis de griffonnages encore vivants, les malles pleines de la mémoire des multitudes, sans doute ébloui par les prodiges de la diversité et des beautés du monde, alors il a déposé son paquetage pour libérer le trop plein de sa sensibilité dans des pages parmi les plus achevées et les plus inspirées de notre temps, comme "Race et Histoire" de Claude Lévi-Strauss. Asservi à sa chaîne morale comme naguères les poètes l'étaient à la rime, il a non seulement rajeuni une discipline regardée comme sulfureuse mais il a surtout élevé l'art d'écrire au niveau des plus grands.
lundi 5 mars 2018
Le prolétaire et la révolution
Depuis le XIXe siècle, le prolétaire est défini comme l'ouvrier de l'industrie qui n'a pour toute fortune que la force de ses bras.
N'ayant rien à perdre, le prolétaire est disponible pour la révolution.
On opposait souvent le prolétaire à l'ouvrier agricole qui n'a pas développé les mêmes qualités de solidarité et de sacrifice. L'ouvrier agricole serait égoïste et aspirerait à la possession de la terre ce qui l'écarterait de la lutte révolutionnaire.
Mais aujourd'hui, il n'y a plus de prolétaires. Et on ne parle plus guère d'ouvrier. La population est constituée de travailleurs, terme générique qui désigne aussi bien les ouvriers que les employés et même toute personne occupée non seulement dans l'industrie mais aussi dans le commerce ou ailleurs. La majorité des travailleurs sont propriétaires de leur habitation. Ils gèrent leurs économies et passent leurs vacances dans des pays lointains et ensoleillés. Ils ne sont plus disponibles pour la révolution. Même les moins bien lotis tiennent à leurs maigres avantages : l'une ou l'autre allocation.
Comme presque plus personne n'est résolu à prendre les armes pour monter à l'assaut du Palais d'Hiver ou de tout autre symbole ou forteresse capitaliste, la révolution doit prendre d'autres formes.
Les anarchistes n'ont jamais regardé les prolétaires comme les seuls porte-glaives de la révolution. Ce sont les marxistes qui, il y a 150 ans, après avoir divisé la société en classes antagonistes, ont décrété que la mission historique des damnés de la terre était de renverser le capitalisme et d'instaurer le socialisme.
À présent que le temps et les épreuves ont érodé les certitudes trop carrées, que le socialisme autoritaire s'est écroulé sous le poids de sa propre doctrine, plus que jamais, l'anarchie reste la seule alternative au capitalisme.
L'appel des anarchistes à la solidarité, à l'égalité et à la liberté s'adresse à tous, à tous ceux qui partagent le même idéal, indépendamment de leur situation, de leur éducation, de leur condition sociale. L'insurrection contre les oppresseurs et les profiteurs n'est pas le propre du prolétariat. Il est de tous les temps et de tous les milieux. Mais sans qu'elle soit une exclusivité des anarchistes, la révolution reste au cœur de leur combat.
En attendant le réveil des consciences, la flamme doit être entretenue par une guérilla de tous les instants. Chacun à son niveau, par l'exemple, par des actes en groupes ou isolés, par la désobéissance civile, en participant aux manifestations et aux autres initiatives contestataires, en résistant aux sirènes capitalistes, en se révoltant contre les abus du système représentatif, en inventant de nouvelles formes de lutte, pas à pas le refus de la société hiérarchique et des inégalités avancera dans les esprits.
Toute autorité est illégitime et s'exerce toujours par la violence. Et c'est pourquoi elle doit être détruite par tous les moyens et d'abord par la révolution anarchiste.
Depuis le XIXe siècle, le prolétaire est défini comme l'ouvrier de l'industrie qui n'a pour toute fortune que la force de ses bras.
N'ayant rien à perdre, le prolétaire est disponible pour la révolution.
On opposait souvent le prolétaire à l'ouvrier agricole qui n'a pas développé les mêmes qualités de solidarité et de sacrifice. L'ouvrier agricole serait égoïste et aspirerait à la possession de la terre ce qui l'écarterait de la lutte révolutionnaire.
Mais aujourd'hui, il n'y a plus de prolétaires. Et on ne parle plus guère d'ouvrier. La population est constituée de travailleurs, terme générique qui désigne aussi bien les ouvriers que les employés et même toute personne occupée non seulement dans l'industrie mais aussi dans le commerce ou ailleurs. La majorité des travailleurs sont propriétaires de leur habitation. Ils gèrent leurs économies et passent leurs vacances dans des pays lointains et ensoleillés. Ils ne sont plus disponibles pour la révolution. Même les moins bien lotis tiennent à leurs maigres avantages : l'une ou l'autre allocation.
Comme presque plus personne n'est résolu à prendre les armes pour monter à l'assaut du Palais d'Hiver ou de tout autre symbole ou forteresse capitaliste, la révolution doit prendre d'autres formes.
Les anarchistes n'ont jamais regardé les prolétaires comme les seuls porte-glaives de la révolution. Ce sont les marxistes qui, il y a 150 ans, après avoir divisé la société en classes antagonistes, ont décrété que la mission historique des damnés de la terre était de renverser le capitalisme et d'instaurer le socialisme.
À présent que le temps et les épreuves ont érodé les certitudes trop carrées, que le socialisme autoritaire s'est écroulé sous le poids de sa propre doctrine, plus que jamais, l'anarchie reste la seule alternative au capitalisme.
L'appel des anarchistes à la solidarité, à l'égalité et à la liberté s'adresse à tous, à tous ceux qui partagent le même idéal, indépendamment de leur situation, de leur éducation, de leur condition sociale. L'insurrection contre les oppresseurs et les profiteurs n'est pas le propre du prolétariat. Il est de tous les temps et de tous les milieux. Mais sans qu'elle soit une exclusivité des anarchistes, la révolution reste au cœur de leur combat.
En attendant le réveil des consciences, la flamme doit être entretenue par une guérilla de tous les instants. Chacun à son niveau, par l'exemple, par des actes en groupes ou isolés, par la désobéissance civile, en participant aux manifestations et aux autres initiatives contestataires, en résistant aux sirènes capitalistes, en se révoltant contre les abus du système représentatif, en inventant de nouvelles formes de lutte, pas à pas le refus de la société hiérarchique et des inégalités avancera dans les esprits.
Toute autorité est illégitime et s'exerce toujours par la violence. Et c'est pourquoi elle doit être détruite par tous les moyens et d'abord par la révolution anarchiste.
lundi 26 février 2018
Edgar Allan Poe
Depuis 1927, l'abbé Georges Lemaître est unanimement considéré comme l'inventeur du big-bang, théorie cosmogonique selon laquelle, avant le début des temps, la totalité de la matière de l'univers était concentrée en un point tellement petit qu'il méritait d'être qualifié de virtuel. L'explosion de cette chose, de ce rien, de cette espèce d'atome primitif, a créé l'univers tout entier dont les galaxies dispersées sont les restes mourants.
C'est oublier que trois-quarts de siècle auparavant, en 1848, alors que l'ensemble du monde scientifique enseignait encore que l'univers était infini et statique, qu'il existait ainsi depuis toujours, Edgar Poe élucida et retraça l'épopée du cosmos, depuis le point virtuel, l'explosion du big-bang, le poudroiement des galaxies, tout le feu d'artifice stellaire et plus encore car il avait aussi imaginé, hypothèse très moderne et actuelle, l'effondrement final de l'univers sur lui-même, le retour à l'origine infiniment minuscule et la possibilité de récidives du big-bang. Il avait même pensé à la pluralité des univers, inconnaissables, indépendants, apparaissant et disparaissant dans le néant comme font les bulles agitant une eau en train de bouillir.
Alors que les conceptions d'aujourd'hui nous présentent l'univers comme une surface sphérique en expansion, le modèle de Poe propose une violente explosion à l'origine qui s'amortit au fur et à mesure que la matière se crée et que son énergie s'épuise. Le résultat serait une sphère de matière en expansion soumise aux lois physiques et en particulier à la gravitation. Chaque atome de matière serait attiré par ses voisins et, de proche en proche, la résultante des forces serait une droite joignant entre eux le plus grand nombre d'atomes. On voit immédiatement que cette droite passe par le centre et que, la force d'expansion allant s'affaiblissant, l'attraction d'abord faible, se renforce avec le temps et finit par l'emporter entraînant l'effondrement de l'univers tout entier sur lui-même et le retour aux conditions d'origine propices à une nouvelle explosion. Cent cinquante ans après Poe, ce schéma d'un univers pulsant est celui d'une partie parmi la plus évoluée de la communauté scientifique.
Né sous de mauvais auspices en 1809 à Boston de parents acteurs ambulants et fantasques qui disparaîtront bientôt minés par la tuberculose et la misère, Edgar Poe est recueilli par le couple Allan qui lui donne une instruction solide mais sans la tendresse ni la chaleur dont sa nature a un besoin si prenant, sans l'affection qu'il recherchera toute sa vie, qui lui échappera toujours, qui lui manquera cruellement avant de le mener à la déchéance et à la mort.
Joueur, drogué, surtout alcoolique invétéré comme la plupart des membres de sa famille, mais doué d'une intelligence brillante, de vastes connaissances en mathématiques, en science, en littérature, Poe se passionne d'abord pour la cryptographie et la résolution d'énigmes en tous genres où il excelle. Mais c'est l'écriture qui le prendra tout entier. Il rédige des contes et nouvelles, des "Histoires extraordinaires" où sa personnalité étrange s'exprime dans de subtiles descriptions de paysages lugubres, d'eaux dormantes, de lieux envoûtants qui s'harmonisent avec les sentiments complexes de ses personnages, leurs penchants morbides, le destin fatal de ses héroïnes Morella, Bérénice ou Ligeia.
En 1845, Poe publie "The Raven", l'un des poèmes parmi les plus fameux de la littérature de langue anglaise dont, à l'époque, le succès fut extraordinaire et qui reste un modèle.
On sait que, finalement, par une froide matinée d'octobre 1849, il fut retrouvé ivre mort dans le caniveau d'une rue de Baltimore. Ainsi disparut l'un des esprits les mieux formés du XIXe siècle.
Un tempérament aussi tourmenté que celui de Poe devait attirer l'attention des psychanalystes. Ils se sont précipités sur sa dépouille et ils assurent l'avoir disséqué. Certains parmi les plus renommés ont noirci nombre de pages pour décrire ses pulsions et ses névroses, depuis son enfance et son adolescence, s'arrêtant sur les péripéties et les malheurs de sa vie avant de s'attarder sur sa fin, expliquant longuement -mais vainement et combien maladroitement faut-il le dire- le mystère de cet homme d'exception rebelle au discours réducteur.
Alors que l'œuvre de Poe semblait destinée à disparaître avec lui, qu'il n'avait reçu de son vivant que critiques sarcastiques ou condescendantes de ses censeurs, et qu'après sa mort les quelques oraisons que reçu sa tombe ne furent pas plus généreuses, les "Histoires extraordinaires" tombèrent par hasard sous l'œil de Baudelaire qui s'enthousiasma à leur lecture.
Baudelaire traduisit la presque intégralité des œuvres de Poe et les soumit au public français. Son talent et la fidélité de sa traduction lui valent encore aujourd'hui la reconnaissance générale. Baudelaire fut celui qui ranima la cendre de Poe et le plaça à l'avant-plan du monde littéraire français où il n'a jamais cessé de faire bonne figure.
Mais lorsque Baudelaire traduisit "Euréka", le livre que Poe avait sous-titré "Essai sur l'univers matériel et spirituel", où il exposait sa cosmogonie et les conséquences qu'il en tirait, de nombreuses difficultés de publication se présentèrent. Outre l'originalité du propos, en contradiction avec les certitudes scientifiques de l'époque, Poe avait été encore beaucoup plus loin. Il avait d'ailleurs pris la précaution, dans l'intitulé de son livre, de revendiquer le caractère artistique de sa composition et d'écrire que "c'est simplement comme Poème que je désire que cet ouvrage soit jugé, alors que je ne serai plus".
En effet, Poe avait acquis la conviction qu'il avait percé le secret de l'univers et même celui de Dieu lui-même. Son poème mélangeait des certitudes scientifiques avec une intuition non moins géniale même si on doit la regarder comme le fruit de son esprit spéculateur mais aiguisé et formidablement inventif. Le point virtuel, affirme Poe, l'atome primordial infiniment petit à l'origine de tout est la personne même de Dieu. Le big-bang a créé l'univers et dispersé Dieu en une poussière d'étoiles. Chaque atome est parcelle de Dieu et notre conscience n'est autre qu'une infime partie de la conscience de Dieu. Au fur et à mesure que l'univers se contractera sous la force gravitationnelle, les agrégats seront de plus en plus importants et les fractions de Dieu pendront de plus en plus conscience d'elles-mêmes jusqu'à l'agglutination finale en point virtuel, jusqu'à la reconstitution de Dieu tel qu'il était, tel qu'il sera, et tel que nous serons.
Cette espèce de panthéisme corrigé par Poe avait de quoi surprendre et même rebuter. Mais on sait que les idées de Poe influencèrent Valéry et aussi Mallarmé. Il reste que le poème "Euréka", parce qu'il ne s'accordait avec aucune philosophie, resta oublié dans un coin des bibliothèques. Il y est toujours.
Mais quelle que soit l'opinion que l'on porte sur la personne de Poe, sur ses idées ou sur son œuvre, il faut lui rendre ce qui lui revient. Il est le génial inventeur du big-bang.
Depuis 1927, l'abbé Georges Lemaître est unanimement considéré comme l'inventeur du big-bang, théorie cosmogonique selon laquelle, avant le début des temps, la totalité de la matière de l'univers était concentrée en un point tellement petit qu'il méritait d'être qualifié de virtuel. L'explosion de cette chose, de ce rien, de cette espèce d'atome primitif, a créé l'univers tout entier dont les galaxies dispersées sont les restes mourants.
C'est oublier que trois-quarts de siècle auparavant, en 1848, alors que l'ensemble du monde scientifique enseignait encore que l'univers était infini et statique, qu'il existait ainsi depuis toujours, Edgar Poe élucida et retraça l'épopée du cosmos, depuis le point virtuel, l'explosion du big-bang, le poudroiement des galaxies, tout le feu d'artifice stellaire et plus encore car il avait aussi imaginé, hypothèse très moderne et actuelle, l'effondrement final de l'univers sur lui-même, le retour à l'origine infiniment minuscule et la possibilité de récidives du big-bang. Il avait même pensé à la pluralité des univers, inconnaissables, indépendants, apparaissant et disparaissant dans le néant comme font les bulles agitant une eau en train de bouillir.
Alors que les conceptions d'aujourd'hui nous présentent l'univers comme une surface sphérique en expansion, le modèle de Poe propose une violente explosion à l'origine qui s'amortit au fur et à mesure que la matière se crée et que son énergie s'épuise. Le résultat serait une sphère de matière en expansion soumise aux lois physiques et en particulier à la gravitation. Chaque atome de matière serait attiré par ses voisins et, de proche en proche, la résultante des forces serait une droite joignant entre eux le plus grand nombre d'atomes. On voit immédiatement que cette droite passe par le centre et que, la force d'expansion allant s'affaiblissant, l'attraction d'abord faible, se renforce avec le temps et finit par l'emporter entraînant l'effondrement de l'univers tout entier sur lui-même et le retour aux conditions d'origine propices à une nouvelle explosion. Cent cinquante ans après Poe, ce schéma d'un univers pulsant est celui d'une partie parmi la plus évoluée de la communauté scientifique.
Né sous de mauvais auspices en 1809 à Boston de parents acteurs ambulants et fantasques qui disparaîtront bientôt minés par la tuberculose et la misère, Edgar Poe est recueilli par le couple Allan qui lui donne une instruction solide mais sans la tendresse ni la chaleur dont sa nature a un besoin si prenant, sans l'affection qu'il recherchera toute sa vie, qui lui échappera toujours, qui lui manquera cruellement avant de le mener à la déchéance et à la mort.
Joueur, drogué, surtout alcoolique invétéré comme la plupart des membres de sa famille, mais doué d'une intelligence brillante, de vastes connaissances en mathématiques, en science, en littérature, Poe se passionne d'abord pour la cryptographie et la résolution d'énigmes en tous genres où il excelle. Mais c'est l'écriture qui le prendra tout entier. Il rédige des contes et nouvelles, des "Histoires extraordinaires" où sa personnalité étrange s'exprime dans de subtiles descriptions de paysages lugubres, d'eaux dormantes, de lieux envoûtants qui s'harmonisent avec les sentiments complexes de ses personnages, leurs penchants morbides, le destin fatal de ses héroïnes Morella, Bérénice ou Ligeia.
En 1845, Poe publie "The Raven", l'un des poèmes parmi les plus fameux de la littérature de langue anglaise dont, à l'époque, le succès fut extraordinaire et qui reste un modèle.
On sait que, finalement, par une froide matinée d'octobre 1849, il fut retrouvé ivre mort dans le caniveau d'une rue de Baltimore. Ainsi disparut l'un des esprits les mieux formés du XIXe siècle.
Un tempérament aussi tourmenté que celui de Poe devait attirer l'attention des psychanalystes. Ils se sont précipités sur sa dépouille et ils assurent l'avoir disséqué. Certains parmi les plus renommés ont noirci nombre de pages pour décrire ses pulsions et ses névroses, depuis son enfance et son adolescence, s'arrêtant sur les péripéties et les malheurs de sa vie avant de s'attarder sur sa fin, expliquant longuement -mais vainement et combien maladroitement faut-il le dire- le mystère de cet homme d'exception rebelle au discours réducteur.
Alors que l'œuvre de Poe semblait destinée à disparaître avec lui, qu'il n'avait reçu de son vivant que critiques sarcastiques ou condescendantes de ses censeurs, et qu'après sa mort les quelques oraisons que reçu sa tombe ne furent pas plus généreuses, les "Histoires extraordinaires" tombèrent par hasard sous l'œil de Baudelaire qui s'enthousiasma à leur lecture.
Baudelaire traduisit la presque intégralité des œuvres de Poe et les soumit au public français. Son talent et la fidélité de sa traduction lui valent encore aujourd'hui la reconnaissance générale. Baudelaire fut celui qui ranima la cendre de Poe et le plaça à l'avant-plan du monde littéraire français où il n'a jamais cessé de faire bonne figure.
Mais lorsque Baudelaire traduisit "Euréka", le livre que Poe avait sous-titré "Essai sur l'univers matériel et spirituel", où il exposait sa cosmogonie et les conséquences qu'il en tirait, de nombreuses difficultés de publication se présentèrent. Outre l'originalité du propos, en contradiction avec les certitudes scientifiques de l'époque, Poe avait été encore beaucoup plus loin. Il avait d'ailleurs pris la précaution, dans l'intitulé de son livre, de revendiquer le caractère artistique de sa composition et d'écrire que "c'est simplement comme Poème que je désire que cet ouvrage soit jugé, alors que je ne serai plus".
En effet, Poe avait acquis la conviction qu'il avait percé le secret de l'univers et même celui de Dieu lui-même. Son poème mélangeait des certitudes scientifiques avec une intuition non moins géniale même si on doit la regarder comme le fruit de son esprit spéculateur mais aiguisé et formidablement inventif. Le point virtuel, affirme Poe, l'atome primordial infiniment petit à l'origine de tout est la personne même de Dieu. Le big-bang a créé l'univers et dispersé Dieu en une poussière d'étoiles. Chaque atome est parcelle de Dieu et notre conscience n'est autre qu'une infime partie de la conscience de Dieu. Au fur et à mesure que l'univers se contractera sous la force gravitationnelle, les agrégats seront de plus en plus importants et les fractions de Dieu pendront de plus en plus conscience d'elles-mêmes jusqu'à l'agglutination finale en point virtuel, jusqu'à la reconstitution de Dieu tel qu'il était, tel qu'il sera, et tel que nous serons.
Cette espèce de panthéisme corrigé par Poe avait de quoi surprendre et même rebuter. Mais on sait que les idées de Poe influencèrent Valéry et aussi Mallarmé. Il reste que le poème "Euréka", parce qu'il ne s'accordait avec aucune philosophie, resta oublié dans un coin des bibliothèques. Il y est toujours.
Mais quelle que soit l'opinion que l'on porte sur la personne de Poe, sur ses idées ou sur son œuvre, il faut lui rendre ce qui lui revient. Il est le génial inventeur du big-bang.
lundi 19 février 2018
Capitalisme d’État et capitalisme bourgeois
Après l’omnipotence divine, le césarisme des rois, la tyrannie de l’aristocratie, l’absolutisme de la république bourgeoise et la sanctification du travail, voici la sacralisation de l’État.
Depuis la conversion au réformisme des maîtres à penser du socialisme, l’État est le tabernacle où le peuple est adoré. Alors que les nantis renforcent sans cesse leur emprise sur la société, qu’ils ont colonisé l’État avec un cynisme de patron, qu’ils se repaissent des dépouilles du peuple qu’ils volent par l’impôt, les partis démocrassiques à la botte occupent le terrain, calment les exaltés, récompensent leurs dévots, punissent les impies. Le peuple s’incarne dans la personne des représentants. La liberté défigurée trône au haut des tribunes du parlement. La pommade du docteur Miracle a encore prouvé son efficacité : l’État, c’est le peuple !
Depuis cette Révélation, les entreprises sont perçues comme destinées à appartenir au peuple, à l’État. Mais ce dernier n’a d’autre ambition que d’exercer le pouvoir, d’en jouir, de le conserver. Pour cela, comme il est au sommet, tout changement ne peut qu’être une menace. La politique de l’État est donc le statu quo. L’immobilisme garantit la stabilité de son pouvoir absolu. De même de ses entreprises qui sont toujours en situation de monopole et dont il justifie l’inefficacité par le nombre et la sécurité des emplois qu’il assure. Sur cette lancée, l’État est compris comme une propriété collective et les entreprises comme des pourvoyeuses d’emplois.
L’ancien régime tenait le peuple par la religion, par l’œil de Dieu fixé sur tous les actes, par le caprice du Tout-Puissant qui punissait mais récompensait aussi. L’État veille de même sur le peuple par la Sécurité sociale, par ses entreprises et monopoles, par des allocations et autres miettes. Mais comme Dieu avant lui, il est prompt à sévir contre les mécréants qui ne peuvent qu’être des ennemis du peuple dont il est, lui, la personnification.
Cette constatation ne date pas d’aujourd’hui. On lisait déjà dans Umanità Nova du 6 août 1920 : "Pour justifier son existence et faire qu’on le supporte, l’État, organe de domination et d’oppression, doit faire quelque chose, ou faire semblant de faire quelque chose pour les dominés. Et le meilleur moyen qu’il a imaginé est de faire dépendre les intérêts des gouvernés de la permanence et de la stabilité de l’État".
À l’étroit dans le cadre des États traditionnels, les nantis ont bombé le torse et fait éclater les vieilles entravent des frontières. Ils veulent un espace vital à leur mesure et ils ont créé de toutes pièces un Super État : l’Europe du capital et du profit. Comme aucun monopole ne s’est penché sur les fonts baptismaux du nouveau-né, il convenait de lui ouvrir les mêmes possibilités que celles réservées jusqu’ici aux anciens États appelés à disparaître dans l’ombre de cette nouvelle cathédrale du peuple. En attendant la constitution des super monopoles européens dont le capitalisme prépare l’avènement, les frontières doivent s’ouvrir et les petits monopoles actuels doivent être soumis à la concurrence de leurs congénères des autres États. Les capitalistes vont se manger entre eux sous le regard indifférent des anarchistes qui n’ont rien à faire dans ce panier de crabes. On organisera le passage douloureux de l’économie subsidiée aux oligopoles des riches, mais on remarquera que, contrairement aux slogans médiatiques, la Commission européenne n’impose aucune privatisation mais seulement la logique de l’abaissement des frontières : la fin des subventions.
Menacés d’être dévorés par des prédateurs encore plus affamés qu’eux, la camarilla des politiciens monopoleurs a réagi. Les caves se sont rebiffés. Ils ont battu le rappel de leurs fidèles, accapareurs et profiteurs, et les ont lancés dans la rue. Bientôt, par monts et par vaux dans l’espace européen, de longs cortèges se sont déployés où, bras dessus bras dessous, syndicalistes et parlementaires, capitalistes d’État et autres, bureaucrates mais aussi libertaires, se sont retrouvés pour défendre les nantis, leurs représentants et l’État béatifié dans ses œuvres.
Confondus sous les mêmes emblèmes, sous la même idéologie, anarcho-bolcheviks et anarcho-capitalistes ont défilé et agité leurs drapeaux rouges sous l’œil approbateur des parlementaires. Un État plus puissant –et donc plus policier– garantit la liberté du peuple, assurent ces libertaires emmenés par leurs gourous. Ces derniers, marxistes jusqu’au fond des baskets, ces curés du nouveau culte, plus imprécateurs que prédicateurs, ces barbouzes honteux qui fleurissent et se fanent comme genêts au printemps ont en commun la soif du pouvoir dont une gouttelette les sortirait enfin du caniveau où croupit leur ambition. Du haut de leur trahison, ils pourraient alors regarder la foule de moins bas, avoir peut-être leur nom dans le journal, être même au premier rang pour la photo : satisfactions misérables, deniers de Judas. Capitalisme d’État et capitalisme bourgeois, où est la différence ? C’est bonnet blanc et blanc bonnet, comme le répétait à tous propos l’un des leurs en d’autres temps.
Mais faut-il le rappeler encore ? Pour les anarchistes révolutionnaires, anticapitalistes et antiautoritaires, les monopoles d’État et les entreprises doivent être socialisés dans des mutuelles autogérées.
Après l’omnipotence divine, le césarisme des rois, la tyrannie de l’aristocratie, l’absolutisme de la république bourgeoise et la sanctification du travail, voici la sacralisation de l’État.
Depuis la conversion au réformisme des maîtres à penser du socialisme, l’État est le tabernacle où le peuple est adoré. Alors que les nantis renforcent sans cesse leur emprise sur la société, qu’ils ont colonisé l’État avec un cynisme de patron, qu’ils se repaissent des dépouilles du peuple qu’ils volent par l’impôt, les partis démocrassiques à la botte occupent le terrain, calment les exaltés, récompensent leurs dévots, punissent les impies. Le peuple s’incarne dans la personne des représentants. La liberté défigurée trône au haut des tribunes du parlement. La pommade du docteur Miracle a encore prouvé son efficacité : l’État, c’est le peuple !
Depuis cette Révélation, les entreprises sont perçues comme destinées à appartenir au peuple, à l’État. Mais ce dernier n’a d’autre ambition que d’exercer le pouvoir, d’en jouir, de le conserver. Pour cela, comme il est au sommet, tout changement ne peut qu’être une menace. La politique de l’État est donc le statu quo. L’immobilisme garantit la stabilité de son pouvoir absolu. De même de ses entreprises qui sont toujours en situation de monopole et dont il justifie l’inefficacité par le nombre et la sécurité des emplois qu’il assure. Sur cette lancée, l’État est compris comme une propriété collective et les entreprises comme des pourvoyeuses d’emplois.
L’ancien régime tenait le peuple par la religion, par l’œil de Dieu fixé sur tous les actes, par le caprice du Tout-Puissant qui punissait mais récompensait aussi. L’État veille de même sur le peuple par la Sécurité sociale, par ses entreprises et monopoles, par des allocations et autres miettes. Mais comme Dieu avant lui, il est prompt à sévir contre les mécréants qui ne peuvent qu’être des ennemis du peuple dont il est, lui, la personnification.
Cette constatation ne date pas d’aujourd’hui. On lisait déjà dans Umanità Nova du 6 août 1920 : "Pour justifier son existence et faire qu’on le supporte, l’État, organe de domination et d’oppression, doit faire quelque chose, ou faire semblant de faire quelque chose pour les dominés. Et le meilleur moyen qu’il a imaginé est de faire dépendre les intérêts des gouvernés de la permanence et de la stabilité de l’État".
À l’étroit dans le cadre des États traditionnels, les nantis ont bombé le torse et fait éclater les vieilles entravent des frontières. Ils veulent un espace vital à leur mesure et ils ont créé de toutes pièces un Super État : l’Europe du capital et du profit. Comme aucun monopole ne s’est penché sur les fonts baptismaux du nouveau-né, il convenait de lui ouvrir les mêmes possibilités que celles réservées jusqu’ici aux anciens États appelés à disparaître dans l’ombre de cette nouvelle cathédrale du peuple. En attendant la constitution des super monopoles européens dont le capitalisme prépare l’avènement, les frontières doivent s’ouvrir et les petits monopoles actuels doivent être soumis à la concurrence de leurs congénères des autres États. Les capitalistes vont se manger entre eux sous le regard indifférent des anarchistes qui n’ont rien à faire dans ce panier de crabes. On organisera le passage douloureux de l’économie subsidiée aux oligopoles des riches, mais on remarquera que, contrairement aux slogans médiatiques, la Commission européenne n’impose aucune privatisation mais seulement la logique de l’abaissement des frontières : la fin des subventions.
Menacés d’être dévorés par des prédateurs encore plus affamés qu’eux, la camarilla des politiciens monopoleurs a réagi. Les caves se sont rebiffés. Ils ont battu le rappel de leurs fidèles, accapareurs et profiteurs, et les ont lancés dans la rue. Bientôt, par monts et par vaux dans l’espace européen, de longs cortèges se sont déployés où, bras dessus bras dessous, syndicalistes et parlementaires, capitalistes d’État et autres, bureaucrates mais aussi libertaires, se sont retrouvés pour défendre les nantis, leurs représentants et l’État béatifié dans ses œuvres.
Confondus sous les mêmes emblèmes, sous la même idéologie, anarcho-bolcheviks et anarcho-capitalistes ont défilé et agité leurs drapeaux rouges sous l’œil approbateur des parlementaires. Un État plus puissant –et donc plus policier– garantit la liberté du peuple, assurent ces libertaires emmenés par leurs gourous. Ces derniers, marxistes jusqu’au fond des baskets, ces curés du nouveau culte, plus imprécateurs que prédicateurs, ces barbouzes honteux qui fleurissent et se fanent comme genêts au printemps ont en commun la soif du pouvoir dont une gouttelette les sortirait enfin du caniveau où croupit leur ambition. Du haut de leur trahison, ils pourraient alors regarder la foule de moins bas, avoir peut-être leur nom dans le journal, être même au premier rang pour la photo : satisfactions misérables, deniers de Judas. Capitalisme d’État et capitalisme bourgeois, où est la différence ? C’est bonnet blanc et blanc bonnet, comme le répétait à tous propos l’un des leurs en d’autres temps.
Mais faut-il le rappeler encore ? Pour les anarchistes révolutionnaires, anticapitalistes et antiautoritaires, les monopoles d’État et les entreprises doivent être socialisés dans des mutuelles autogérées.
lundi 12 février 2018
Anarchistes vs libertaires
La thèse des politiciens est bien connue : le monde est dominé par les multinationales qui empiètent sur les prérogatives des États et diminuent leur puissance. Pour le bonheur de l'humanité, il convient donc de rogner les ailes de ces vilains corbeaux et d'accroître les pouvoirs des États et des politiciens. Ainsi, sans multinationale mais avec un gros État fort et omnipotent, le peuple sera heureux.
On se rappellera toutefois qu'un État dispose de pouvoirs qu'aucune multinationale ne rêve même d'exercer. Un État décide, contrôle et contraint ; il se maintient par sa police ; il punit par amende, prison, travail forcé, peine de mort qu'il abolit ou rétablit à son gré ; il asservit les plus pauvres qu'il dépouille par l'impôt ; il est l'émanation des nantis dont il sert les intérêts ; il fait la guerre à ses voisins avec le sang du peuple ; il est enfin la béquille qui soutient les multinationales qu'il dénonce avec hypocrisie et qui, sans lui, ses faveurs, son assistance et ses pouvoirs de coercition, s'effondreraient sans rémission.
Ce que veut l'État, c'est toujours plus. Aujourd'hui, au nom de la lutte contre le terrorisme et le contrôle des multinationales, alors que le terrorisme est l'essence même de son gouvernement et qu'il est le premier capitaliste accapareur de richesses, il vise à s'insinuer plus encore dans l'intimité privée et la vie publique pour mieux les régenter, mieux museler les révoltés et accroître sa part du gâteau économique.
La différence d'échelle est flagrante. La plus grande multinationale du monde occupe moins de six cent mille personnes tandis qu'un État aussi petit que la Belgique par exemple, tellement minuscule qu'il apparaît à peine sur la sphère terrestre, dispose d'une armée de près d'un million de fonctionnaires dévoués. La France en a cinq millions et les États-Unis plusieurs dizaines de millions. Les multinationales ne sont que des tentacules qui projettent la puissance de leur État hors de ses frontières.
Le discours des politiciens a cependant réussi à jeter le trouble dans la société et même dans les rangs des anarchistes désormais divisés en libertaires rouges et anarchistes noirs. Les Rouges sont réformistes et clouent les multinationales au pilori. Ils militent aux côtés des marxistes pour donner à l'État les moyens d'asseoir son hégémonie au sommet de la société de classes. Les Noirs restent ce qu'ils ont toujours été : des révolutionnaires combattant pour l'égalité de liberté en solidarité avec les opprimés, pour l'anéantissement de tous les pouvoirs, de tous les États, et l'avènement d'une société sans hiérarchie.
L'histoire avait déjà cuisiné un brouet similaire tout aussi indigeste.
Au plus fort de la Grande Guerre, en 1916, alors que la victoire hésitait mais semblait pencher du côté de l'Allemagne, Pierre Kropotkine et quinze anarchistes incontestables, lançaient un appel en faveur de la France, pays de la Révolution et des droits de l'Homme, et appelaient à l'écrasement de l'Allemagne féodale et impérialiste.
Non, dit Malatesta suivi par la grande masse des anarchistes, nous sommes antimilitaristes et internationalistes. Les anarchistes ne font pas la guerre. Ils font la révolution. Les peuples s'entre-tuent pour une cause qui ne les concerne pas. Ils se déchirent et s'assassinent pour assouvir une rivalité entre la France et l'Allemagne, pour flatter l'appétit de puissance des nantis, leurs oppresseurs. Si la France gagne la guerre, les anarchistes feront la révolution contre le gouvernement franco-français. Si l'Allemagne gagne la guerre et installe un gouvernement à Paris, les anarchistes feront la révolution contre ce gouvernement franco-germain.
Aujourd'hui, les libertaires rouges se trompent de combat. Ils ont pris parti dans une querelle qui ne les concerne pas. Les multinationales ? Combien de divisions ? aurait demandé Staline-le-Rouge. Mais ces libertaires égarés ont foi dans les missions de l'État. Ils appellent à l'écrasement des multinationales-souris et à la domination des États-mammouths. Ils auront les unes et les autres. Ils seront les jouets des unes et les esclaves des autres. Les multinationales et les États s'entendront pour leur clouer le bec.
Dans les manifestations anarchistes, les drapeaux rouges côtoient désormais les drapeaux noirs. Beaucoup d'entre eux, les plus nombreux, sont aux deux couleurs. Ils ne sont donc ni rouge ni noir. On ne sait s'il s'agit d'un carnaval ou du défilé des emblèmes d'un club sportif.
Le poison s'est infiltré partout, même dans la presse anarchiste. Ses journaux sont devenus bien pensants, réformistes dans la ligne du pouvoir. On ne compte plus les articles sur le devoir des États en matière de transport ou d'enseignement ou de subsides aux associations ou de protection des biens, sur la légalité à respecter, sur l'ordre public, sur les méchants casseurs car les libertaires new-look sont sages : ils remplissent leur devoir électoral et rentrent ponctuellement leur formulaire de recensement. Ils ont relégué la polémique au placard et l'impertinence au vestiaire. Décidément, le caviar réformiste adoucit les dents les plus dures et les plus pointues. Ce porc-épic n'était qu'un lapin. La guimauve a remplacé le poivre noir. On fait passer le pain bis avec de la confiture. Quant à la révolution et à la mission historique de l'anarchie ? nos libertaires en massepain tolèrent encore leur mention rhétorique mais le plus souvent ils s'en saisissent pour les étouffer sous un coussin.
La thèse des politiciens est bien connue : le monde est dominé par les multinationales qui empiètent sur les prérogatives des États et diminuent leur puissance. Pour le bonheur de l'humanité, il convient donc de rogner les ailes de ces vilains corbeaux et d'accroître les pouvoirs des États et des politiciens. Ainsi, sans multinationale mais avec un gros État fort et omnipotent, le peuple sera heureux.
On se rappellera toutefois qu'un État dispose de pouvoirs qu'aucune multinationale ne rêve même d'exercer. Un État décide, contrôle et contraint ; il se maintient par sa police ; il punit par amende, prison, travail forcé, peine de mort qu'il abolit ou rétablit à son gré ; il asservit les plus pauvres qu'il dépouille par l'impôt ; il est l'émanation des nantis dont il sert les intérêts ; il fait la guerre à ses voisins avec le sang du peuple ; il est enfin la béquille qui soutient les multinationales qu'il dénonce avec hypocrisie et qui, sans lui, ses faveurs, son assistance et ses pouvoirs de coercition, s'effondreraient sans rémission.
Ce que veut l'État, c'est toujours plus. Aujourd'hui, au nom de la lutte contre le terrorisme et le contrôle des multinationales, alors que le terrorisme est l'essence même de son gouvernement et qu'il est le premier capitaliste accapareur de richesses, il vise à s'insinuer plus encore dans l'intimité privée et la vie publique pour mieux les régenter, mieux museler les révoltés et accroître sa part du gâteau économique.
La différence d'échelle est flagrante. La plus grande multinationale du monde occupe moins de six cent mille personnes tandis qu'un État aussi petit que la Belgique par exemple, tellement minuscule qu'il apparaît à peine sur la sphère terrestre, dispose d'une armée de près d'un million de fonctionnaires dévoués. La France en a cinq millions et les États-Unis plusieurs dizaines de millions. Les multinationales ne sont que des tentacules qui projettent la puissance de leur État hors de ses frontières.
Le discours des politiciens a cependant réussi à jeter le trouble dans la société et même dans les rangs des anarchistes désormais divisés en libertaires rouges et anarchistes noirs. Les Rouges sont réformistes et clouent les multinationales au pilori. Ils militent aux côtés des marxistes pour donner à l'État les moyens d'asseoir son hégémonie au sommet de la société de classes. Les Noirs restent ce qu'ils ont toujours été : des révolutionnaires combattant pour l'égalité de liberté en solidarité avec les opprimés, pour l'anéantissement de tous les pouvoirs, de tous les États, et l'avènement d'une société sans hiérarchie.
L'histoire avait déjà cuisiné un brouet similaire tout aussi indigeste.
Au plus fort de la Grande Guerre, en 1916, alors que la victoire hésitait mais semblait pencher du côté de l'Allemagne, Pierre Kropotkine et quinze anarchistes incontestables, lançaient un appel en faveur de la France, pays de la Révolution et des droits de l'Homme, et appelaient à l'écrasement de l'Allemagne féodale et impérialiste.
Non, dit Malatesta suivi par la grande masse des anarchistes, nous sommes antimilitaristes et internationalistes. Les anarchistes ne font pas la guerre. Ils font la révolution. Les peuples s'entre-tuent pour une cause qui ne les concerne pas. Ils se déchirent et s'assassinent pour assouvir une rivalité entre la France et l'Allemagne, pour flatter l'appétit de puissance des nantis, leurs oppresseurs. Si la France gagne la guerre, les anarchistes feront la révolution contre le gouvernement franco-français. Si l'Allemagne gagne la guerre et installe un gouvernement à Paris, les anarchistes feront la révolution contre ce gouvernement franco-germain.
Aujourd'hui, les libertaires rouges se trompent de combat. Ils ont pris parti dans une querelle qui ne les concerne pas. Les multinationales ? Combien de divisions ? aurait demandé Staline-le-Rouge. Mais ces libertaires égarés ont foi dans les missions de l'État. Ils appellent à l'écrasement des multinationales-souris et à la domination des États-mammouths. Ils auront les unes et les autres. Ils seront les jouets des unes et les esclaves des autres. Les multinationales et les États s'entendront pour leur clouer le bec.
Dans les manifestations anarchistes, les drapeaux rouges côtoient désormais les drapeaux noirs. Beaucoup d'entre eux, les plus nombreux, sont aux deux couleurs. Ils ne sont donc ni rouge ni noir. On ne sait s'il s'agit d'un carnaval ou du défilé des emblèmes d'un club sportif.
Le poison s'est infiltré partout, même dans la presse anarchiste. Ses journaux sont devenus bien pensants, réformistes dans la ligne du pouvoir. On ne compte plus les articles sur le devoir des États en matière de transport ou d'enseignement ou de subsides aux associations ou de protection des biens, sur la légalité à respecter, sur l'ordre public, sur les méchants casseurs car les libertaires new-look sont sages : ils remplissent leur devoir électoral et rentrent ponctuellement leur formulaire de recensement. Ils ont relégué la polémique au placard et l'impertinence au vestiaire. Décidément, le caviar réformiste adoucit les dents les plus dures et les plus pointues. Ce porc-épic n'était qu'un lapin. La guimauve a remplacé le poivre noir. On fait passer le pain bis avec de la confiture. Quant à la révolution et à la mission historique de l'anarchie ? nos libertaires en massepain tolèrent encore leur mention rhétorique mais le plus souvent ils s'en saisissent pour les étouffer sous un coussin.
lundi 5 février 2018
Des anarcho-bolcheviks ?...
Après la débâcle du marxisme dont l'écroulement par faillite économique et paupérisation de la population avait été annoncé par les anarchistes il y a cent cinquante ans, la liquidation de cette religion capitaliste et autoritaire se poursuit au pas de charge.
Mais un dernier carré de fidèles n'a pas désarmé. Aigris par les mutations successives des partis communistes vers une social-démocratie de plus en plus molle, blessés et offensés dans leurs convictions les plus intimes et orphelins des grandes cathédrales dogmatiques où ils puisaient foi et réconfort, ces rescapés du déluge ont entrepris une œuvre missionnaire. Depuis quelques années, ils parcourent le monde en annonçant la bonne nouvelle : Marx n'est pas mort.
Certains de ces échappés du jurassique ont investi les partis socialistes, démo-chrétiens et écolos principalement où ils ont été priés d'adapter leur rhétorique avant d'entrer. Après avoir balancé entre le cœur et la raison, ces caméléons ont changé de couleur sans beaucoup de problèmes de conscience attestant ainsi que les proclamations les plus pointues sont aussi les plus fragiles. Mais les plus acharnés d'entre eux ont choisi de squatter les associations d'exclus, d'idéalistes ou d'opprimés souvent un peu naïfs mais toujours généreux et solidaires. Et c'est ainsi que des marxistes ont débarqué dans les groupes anarchistes avec leurs œillères, leur idéologie, leur goulag et leur Stasi.
L'hospitalité et la tolérance des anarchistes leur ont souvent joué des tours pendables. Leurs groupes sont ouverts et on y rencontre le meilleur mais aussi le pire. Cette tradition d'accueil est particulièrement favorable aux entristes de tous bords et ainsi s'explique les drames à rebondissements dont ils sont le siège. Les affrontements idéologiques y sont fréquents et des rancunes souvent profondes y plongent leurs racines. L'anarchie se complaît dans le flou et reste vague quant à sa doctrine. Elle proclame la liberté, l'égalité et la solidarité et semble déjà essoufflée par cette seule affirmation au point de ne pouvoir ni définir sa philosophie ni décrire la société qui sortira de sa Révolution.
Mais un examen superficiel des convictions marxiste et anarchiste est révélateur ; il est même d'une clarté si éblouissante que beaucoup d'esprits en sont aveuglés.
Pour le marxiste stricto sensu, la vérité est simple : en attendant le nirvana toujours promis pour demain, l'État est sanctifié. Il est le siège de la volonté collective et de lui émanent bienfaits et faveurs en récompense de l'obéissance et de la soumission de tous. Il mérite tous les sacrifices et d'abord celui de la liberté d'agir et de penser. Plus les pouvoirs de l'État seront étendus et plus le bonheur du peuple sera parfait.
Pour l'anarchiste, l'État est toujours l'expression des puissants, du grand capital et des nantis. L'État maintient le peuple dans l'obéissance ; il permet l'exploitation de son travail et il réprime ses révoltes. L'État est l'ennemi à abattre et aucune démocratie, aucune justice, aucune égalité, aucun commencement de bonheur ne saurait être envisagé sans son anéantissement.
L'opposition entre le marxisme capitaliste autoritaire et l'anarchie anticapitaliste antiautoritaire est totale.
Et cependant…
À l'occasion des dernières et nombreuses manifestations nationales et transnationales, les banderoles, la propagande et les slogans marxistes ont largement investi, accaparé et encadré les groupes colorés et déterminés des jeunes protestataires. Pour les marxistes intégristes, la mondialisation est l'œuvre des seules multinationales et toute autre vision des choses doit être occultée. On ne peut ni voir ni dire que l'agitation commerciale, financière, militaire, idéologique qui secoue la planète n'est autre que la prise de pouvoir de l'État américain sur le monde. Mais les faits sont tenaces : la précarité de l'emploi, les délocalisations, les transferts de capitaux, l'exploitation des pays du sud ou la prééminence des techniques de l'information sont des valeurs américaines que les médias et les entreprises propagent dans l'opinion pour la convertir à la culture d'outre-Atlantique. Les multinationales et les États sont et restent main dans la main pour assujettir les masses. Les mêmes hommes sont aux commandes des unes et des autres. Des États forts et répressifs seront les gardiens des profits des multinationales. C'est ainsi que le capitalisme principalement américain s'installe et se renforce partout dans le monde. Et pendant ce temps-là, nos anarcho-bolcheviks appellent au renforcement des pouvoirs des États pour contrebalancer l'influence des multinationales sans comprendre que les uns ne vont pas sans les autres et qu'il n'y aurait pas de multinationales s'il n'y avait pas d'États. Mais pour le marxiste, l'État est saint. Il faut le révérer, lui, ses répressions, son capitalisme, ses guerres et ses prisons.
On connaît la sensibilité de l'opinion aux problèmes sociaux, de la santé et des retraites. Les États assurent une pension chiche aux vieux travailleurs et plantureuse aux fonctionnaires par la répartition, système injuste de contrainte qui, sous peine de banqueroute immédiate, impose à l'ensemble de la population de cotiser plus qu'elle ne recevra quand elle aura atteint l'âge de la retraite. Seul un État coercitif peut imposer de tels sacrifices sans contrepartie équitable. Lorsque la Révolution aura supprimé l'État et ses exactions, les services sociaux seront assurés par les mutuelles d'assistance autogérées, groupements typiquement anarchistes, dispositifs cohérents et réalistes, solidaires et égalitaires, organismes anticapitalistes et antiautoritaires dont les décisions seront l'expression de la volonté populaire qui se substituera aux décrets actuels des quelques profiteurs embusqués sous l'édredon étatique. Cette perspective progressiste donne des cauchemars aux marxistes fossilisés dans leur strate totalitaire et les empêche visiblement de dormir. Ils n'ont de cesse de présenter les mérites de la répartition et, sans le citer vraiment mais en l'insinuant, son corollaire obligatoire et nécessaire : l'État omnipotent, omniprésent, contraignant, répartissant, compatissant envers les riches et sévère envers les pauvres. Nos anarcho-bolcheviks appelleront à manifester pour défendre la pension par répartition et aussi, forcément et évidemment, pour promouvoir un État autoritaire et tout-puissant. À défaut d'argument pour défendre l'indéfendable, ils utiliseront en vrac l'injure et le dénigrement, la calomnie et l'invective, le mensonge et la mystification, ces sous-produits de leur dialectique.
À l'occasion des élections présidentielles françaises, les anarchistes ont pu mesurer l'influence grandissante des marxistes parmi eux et, par conséquent, l'effacement relatif de leur idéal de liberté et d'égalité. Alors que la différence entre les deux candidats restés en lice au deuxième tour ne dépassait pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette, alors que l'un était aussi malhonnête que l'autre, que l'un était aussi autocrate que l'autre, aussi menteur, voleur, exploiteur, profiteur ou répressif, des groupes anarchistes ont proclamé la démocratie en danger et appelé à faire barrage à l'un plutôt qu'à l'autre. Le vote anarchiste allait abattre le fascisme et, évidemment et forcément, mettre en selle son frère jumeau sous les applaudissements du peuple en liesse. Des mathématiques très modernes et rénovées étaient appelées à la rescousse pour les besoins de la démonstration. On nous assurait que, recueillant 80 % des suffrages, le candidat soutenu par les anarcho-bolcheviks serait moins bien élu qu'avec 60 %… On en reste encore baba. Mais la grande philosophie mène à tout, depuis la logique jusqu'à son contraire. L'objectif n'était évidemment pas de convaincre les anarchistes des mérites de l'un des candidats, mais de les amener à voter. Car le vote n'est pas seulement un choix, c'est aussi un geste d'adhésion, une approbation, un consentement. Ainsi, des anarchistes allaient reconnaître l'État, ses pompes et ses œuvres. D'un vote hésitant, on passerait à des prises de position plus décidées sur l'évolution de la société, sur une adaptation nécessaire aux impératifs nouveaux de la modernité, sur la hiérarchie de l'égalité et la relativité de la liberté, et enfin sur le rôle régulateur de l'État parfois démocratiquement élitiste et répressif. La réflexion forme les convictions et, après un petit pas timide dans un bureau de vote, on pourra tenter une enjambée plus hardie du côté d'un parti politique avant de faire le grand saut vers le paradis de l'État marxiste, son goulag et son knout.
Mais la leçon de l'élection présidentielle fut d'abord et uniquement donnée par le spectacle de la publicité et de la propagande des médias. L'élu fut d'abord et uniquement le candidat des médias. Le secret de la majorité stalinienne n'est nullement la peur ou l'attachement à une personne ou l'indifférence ou la sottise ou le bourrage des urnes, c'est seulement le résultat d'une campagne publicitaire unilatérale. C'est ainsi qu'à l'occasion de l'élection présidentielle, les dessous de la démocratie parlementaire ont été dévoilés. Ils ne sont pas des plus affriolants même s'ils sont tout à fait conformes aux appréhensions des anarchistes. Après cela, il faut être bien sot pour ne pas avoir tout compris de l'escroquerie électorale.
L'anarcho-bolchevik est facile à identifier. Il est parfois mais pas toujours issu du parti communiste ; il est un peu paumé et déboussolé, dégoûté et réactionnaire, nostalgique et amer. Souvent fonctionnaire du type enseignant, il est autoritaire et frustré mais loyal envers l'État qui le nourrit, l'abrite et le paie. Intellectuel et élitiste, entraîné par sa fonction à punir, il est un peu méprisant envers le populo et jaloux de ses privilèges qu'il assimile à la juste rétribution de sa supériorité. Mains blanches et œil sombre, il ne peut manquer de détonner dans le cercle égalitaire et solidaire des anarchistes. Mais, comme ces derniers répugnent à exclure, ils le subissent avec ses discours, ses fulminations, son État-poulailler, ses humeurs et ses colères. L'anarcho-bolchevik ne serait qu'ennuyeux s'il n'inclinait à monopoliser la parole, à ergoter, à chicaner et à accabler ses interlocuteurs de ses moqueries condescendantes. Lorsqu'il arrive à se faire épauler d'un congénère, l'anarcho-bolchevik, déjà naturellement dominateur, devient vite insupportable et même dangereux.
Si les adaptations successives de la doctrine par le parti communiste ne lui conviennent pas, s'il considère les actualisations et relectures scientifiques du marxisme comme des apostasies, s'il estime contrairement à l'enseignement de Marx lui-même que le dogme est intangible et valable en tout temps et en tous lieux, le marxiste déçu pourrait rejoindre l'une ou l'autre de ces nombreuses officines de déprimés communistes, socialistes, synarchiques, trotskistes ou autres qui pullulent comme des pucerons, se créent sans cesse, disparaissent aussi vite pour reparaître ailleurs avant d'éclater en schismes antagonistes plus marxistes les uns que les autres. Nul doute qu'il y trouverait à satisfaire son trop-plein d'idéal et d'amertume. Les éclats de voix ainsi que les bagarres qui s'y déroulent et dont les échos animent le voisinage prouvent en tout cas la vitalité des protagonistes et l'entraînement de l'élite à préparer le Grand Soir. Mais certains d'entre ces purs ne trouvent nulle part un public à leur niveau, assez évolué pour les comprendre, pour les applaudir et les suivre. Vagabondant de groupes en associations, cherchant sans jamais trouver, ils aboutissent finalement chez les anarchistes qu'ils tentent de pervertir et de rallier à une idéologie sans avenir dont les faits et la raison ont depuis longtemps prouvé l'inanité.
Pour limiter la pollution engendrée par ces entristes plus ou moins marxistes, dissidents ou orthodoxes, dogmatiques ou utopistes, les anarchistes devraient prendre des mesures de prophylaxie élémentaires. Un groupe anarchiste n'est pas un bazar où n'importe qui vient faire son marché en écrasant les pieds des autres chalands. Pour être accueilli, le récipiendaire devrait montrer qu'il adhère au moins à l'éthique commune. Comme les anarchistes sont ombrageux et de sensibilités très variées, des nuances pourraient s'exprimer de groupes à groupes dans le respect de l'humanisme anarchiste. On y affirmerait par exemple le principe d'égalité de liberté dont découlent l'anticapitalisme, l'antiautoritarisme et toute la philosophie anarchiste ; le refus de tout réformisme, cette collaboration contre-nature avec l'ennemi de classe ; et un appel à la Révolution perpétuelle et permanente, dirigée contre toute autorité et d'abord contre les répressions, les contraintes, les injustices et les crimes de l'État dont l'anéantissement nécessaire annoncera l'avènement d'une société sans hiérarchie, d'une société de liberté, d'égalité et de solidarité.
Après la débâcle du marxisme dont l'écroulement par faillite économique et paupérisation de la population avait été annoncé par les anarchistes il y a cent cinquante ans, la liquidation de cette religion capitaliste et autoritaire se poursuit au pas de charge.
Mais un dernier carré de fidèles n'a pas désarmé. Aigris par les mutations successives des partis communistes vers une social-démocratie de plus en plus molle, blessés et offensés dans leurs convictions les plus intimes et orphelins des grandes cathédrales dogmatiques où ils puisaient foi et réconfort, ces rescapés du déluge ont entrepris une œuvre missionnaire. Depuis quelques années, ils parcourent le monde en annonçant la bonne nouvelle : Marx n'est pas mort.
Certains de ces échappés du jurassique ont investi les partis socialistes, démo-chrétiens et écolos principalement où ils ont été priés d'adapter leur rhétorique avant d'entrer. Après avoir balancé entre le cœur et la raison, ces caméléons ont changé de couleur sans beaucoup de problèmes de conscience attestant ainsi que les proclamations les plus pointues sont aussi les plus fragiles. Mais les plus acharnés d'entre eux ont choisi de squatter les associations d'exclus, d'idéalistes ou d'opprimés souvent un peu naïfs mais toujours généreux et solidaires. Et c'est ainsi que des marxistes ont débarqué dans les groupes anarchistes avec leurs œillères, leur idéologie, leur goulag et leur Stasi.
L'hospitalité et la tolérance des anarchistes leur ont souvent joué des tours pendables. Leurs groupes sont ouverts et on y rencontre le meilleur mais aussi le pire. Cette tradition d'accueil est particulièrement favorable aux entristes de tous bords et ainsi s'explique les drames à rebondissements dont ils sont le siège. Les affrontements idéologiques y sont fréquents et des rancunes souvent profondes y plongent leurs racines. L'anarchie se complaît dans le flou et reste vague quant à sa doctrine. Elle proclame la liberté, l'égalité et la solidarité et semble déjà essoufflée par cette seule affirmation au point de ne pouvoir ni définir sa philosophie ni décrire la société qui sortira de sa Révolution.
Mais un examen superficiel des convictions marxiste et anarchiste est révélateur ; il est même d'une clarté si éblouissante que beaucoup d'esprits en sont aveuglés.
Pour le marxiste stricto sensu, la vérité est simple : en attendant le nirvana toujours promis pour demain, l'État est sanctifié. Il est le siège de la volonté collective et de lui émanent bienfaits et faveurs en récompense de l'obéissance et de la soumission de tous. Il mérite tous les sacrifices et d'abord celui de la liberté d'agir et de penser. Plus les pouvoirs de l'État seront étendus et plus le bonheur du peuple sera parfait.
Pour l'anarchiste, l'État est toujours l'expression des puissants, du grand capital et des nantis. L'État maintient le peuple dans l'obéissance ; il permet l'exploitation de son travail et il réprime ses révoltes. L'État est l'ennemi à abattre et aucune démocratie, aucune justice, aucune égalité, aucun commencement de bonheur ne saurait être envisagé sans son anéantissement.
L'opposition entre le marxisme capitaliste autoritaire et l'anarchie anticapitaliste antiautoritaire est totale.
Et cependant…
À l'occasion des dernières et nombreuses manifestations nationales et transnationales, les banderoles, la propagande et les slogans marxistes ont largement investi, accaparé et encadré les groupes colorés et déterminés des jeunes protestataires. Pour les marxistes intégristes, la mondialisation est l'œuvre des seules multinationales et toute autre vision des choses doit être occultée. On ne peut ni voir ni dire que l'agitation commerciale, financière, militaire, idéologique qui secoue la planète n'est autre que la prise de pouvoir de l'État américain sur le monde. Mais les faits sont tenaces : la précarité de l'emploi, les délocalisations, les transferts de capitaux, l'exploitation des pays du sud ou la prééminence des techniques de l'information sont des valeurs américaines que les médias et les entreprises propagent dans l'opinion pour la convertir à la culture d'outre-Atlantique. Les multinationales et les États sont et restent main dans la main pour assujettir les masses. Les mêmes hommes sont aux commandes des unes et des autres. Des États forts et répressifs seront les gardiens des profits des multinationales. C'est ainsi que le capitalisme principalement américain s'installe et se renforce partout dans le monde. Et pendant ce temps-là, nos anarcho-bolcheviks appellent au renforcement des pouvoirs des États pour contrebalancer l'influence des multinationales sans comprendre que les uns ne vont pas sans les autres et qu'il n'y aurait pas de multinationales s'il n'y avait pas d'États. Mais pour le marxiste, l'État est saint. Il faut le révérer, lui, ses répressions, son capitalisme, ses guerres et ses prisons.
On connaît la sensibilité de l'opinion aux problèmes sociaux, de la santé et des retraites. Les États assurent une pension chiche aux vieux travailleurs et plantureuse aux fonctionnaires par la répartition, système injuste de contrainte qui, sous peine de banqueroute immédiate, impose à l'ensemble de la population de cotiser plus qu'elle ne recevra quand elle aura atteint l'âge de la retraite. Seul un État coercitif peut imposer de tels sacrifices sans contrepartie équitable. Lorsque la Révolution aura supprimé l'État et ses exactions, les services sociaux seront assurés par les mutuelles d'assistance autogérées, groupements typiquement anarchistes, dispositifs cohérents et réalistes, solidaires et égalitaires, organismes anticapitalistes et antiautoritaires dont les décisions seront l'expression de la volonté populaire qui se substituera aux décrets actuels des quelques profiteurs embusqués sous l'édredon étatique. Cette perspective progressiste donne des cauchemars aux marxistes fossilisés dans leur strate totalitaire et les empêche visiblement de dormir. Ils n'ont de cesse de présenter les mérites de la répartition et, sans le citer vraiment mais en l'insinuant, son corollaire obligatoire et nécessaire : l'État omnipotent, omniprésent, contraignant, répartissant, compatissant envers les riches et sévère envers les pauvres. Nos anarcho-bolcheviks appelleront à manifester pour défendre la pension par répartition et aussi, forcément et évidemment, pour promouvoir un État autoritaire et tout-puissant. À défaut d'argument pour défendre l'indéfendable, ils utiliseront en vrac l'injure et le dénigrement, la calomnie et l'invective, le mensonge et la mystification, ces sous-produits de leur dialectique.
À l'occasion des élections présidentielles françaises, les anarchistes ont pu mesurer l'influence grandissante des marxistes parmi eux et, par conséquent, l'effacement relatif de leur idéal de liberté et d'égalité. Alors que la différence entre les deux candidats restés en lice au deuxième tour ne dépassait pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette, alors que l'un était aussi malhonnête que l'autre, que l'un était aussi autocrate que l'autre, aussi menteur, voleur, exploiteur, profiteur ou répressif, des groupes anarchistes ont proclamé la démocratie en danger et appelé à faire barrage à l'un plutôt qu'à l'autre. Le vote anarchiste allait abattre le fascisme et, évidemment et forcément, mettre en selle son frère jumeau sous les applaudissements du peuple en liesse. Des mathématiques très modernes et rénovées étaient appelées à la rescousse pour les besoins de la démonstration. On nous assurait que, recueillant 80 % des suffrages, le candidat soutenu par les anarcho-bolcheviks serait moins bien élu qu'avec 60 %… On en reste encore baba. Mais la grande philosophie mène à tout, depuis la logique jusqu'à son contraire. L'objectif n'était évidemment pas de convaincre les anarchistes des mérites de l'un des candidats, mais de les amener à voter. Car le vote n'est pas seulement un choix, c'est aussi un geste d'adhésion, une approbation, un consentement. Ainsi, des anarchistes allaient reconnaître l'État, ses pompes et ses œuvres. D'un vote hésitant, on passerait à des prises de position plus décidées sur l'évolution de la société, sur une adaptation nécessaire aux impératifs nouveaux de la modernité, sur la hiérarchie de l'égalité et la relativité de la liberté, et enfin sur le rôle régulateur de l'État parfois démocratiquement élitiste et répressif. La réflexion forme les convictions et, après un petit pas timide dans un bureau de vote, on pourra tenter une enjambée plus hardie du côté d'un parti politique avant de faire le grand saut vers le paradis de l'État marxiste, son goulag et son knout.
Mais la leçon de l'élection présidentielle fut d'abord et uniquement donnée par le spectacle de la publicité et de la propagande des médias. L'élu fut d'abord et uniquement le candidat des médias. Le secret de la majorité stalinienne n'est nullement la peur ou l'attachement à une personne ou l'indifférence ou la sottise ou le bourrage des urnes, c'est seulement le résultat d'une campagne publicitaire unilatérale. C'est ainsi qu'à l'occasion de l'élection présidentielle, les dessous de la démocratie parlementaire ont été dévoilés. Ils ne sont pas des plus affriolants même s'ils sont tout à fait conformes aux appréhensions des anarchistes. Après cela, il faut être bien sot pour ne pas avoir tout compris de l'escroquerie électorale.
L'anarcho-bolchevik est facile à identifier. Il est parfois mais pas toujours issu du parti communiste ; il est un peu paumé et déboussolé, dégoûté et réactionnaire, nostalgique et amer. Souvent fonctionnaire du type enseignant, il est autoritaire et frustré mais loyal envers l'État qui le nourrit, l'abrite et le paie. Intellectuel et élitiste, entraîné par sa fonction à punir, il est un peu méprisant envers le populo et jaloux de ses privilèges qu'il assimile à la juste rétribution de sa supériorité. Mains blanches et œil sombre, il ne peut manquer de détonner dans le cercle égalitaire et solidaire des anarchistes. Mais, comme ces derniers répugnent à exclure, ils le subissent avec ses discours, ses fulminations, son État-poulailler, ses humeurs et ses colères. L'anarcho-bolchevik ne serait qu'ennuyeux s'il n'inclinait à monopoliser la parole, à ergoter, à chicaner et à accabler ses interlocuteurs de ses moqueries condescendantes. Lorsqu'il arrive à se faire épauler d'un congénère, l'anarcho-bolchevik, déjà naturellement dominateur, devient vite insupportable et même dangereux.
Si les adaptations successives de la doctrine par le parti communiste ne lui conviennent pas, s'il considère les actualisations et relectures scientifiques du marxisme comme des apostasies, s'il estime contrairement à l'enseignement de Marx lui-même que le dogme est intangible et valable en tout temps et en tous lieux, le marxiste déçu pourrait rejoindre l'une ou l'autre de ces nombreuses officines de déprimés communistes, socialistes, synarchiques, trotskistes ou autres qui pullulent comme des pucerons, se créent sans cesse, disparaissent aussi vite pour reparaître ailleurs avant d'éclater en schismes antagonistes plus marxistes les uns que les autres. Nul doute qu'il y trouverait à satisfaire son trop-plein d'idéal et d'amertume. Les éclats de voix ainsi que les bagarres qui s'y déroulent et dont les échos animent le voisinage prouvent en tout cas la vitalité des protagonistes et l'entraînement de l'élite à préparer le Grand Soir. Mais certains d'entre ces purs ne trouvent nulle part un public à leur niveau, assez évolué pour les comprendre, pour les applaudir et les suivre. Vagabondant de groupes en associations, cherchant sans jamais trouver, ils aboutissent finalement chez les anarchistes qu'ils tentent de pervertir et de rallier à une idéologie sans avenir dont les faits et la raison ont depuis longtemps prouvé l'inanité.
Pour limiter la pollution engendrée par ces entristes plus ou moins marxistes, dissidents ou orthodoxes, dogmatiques ou utopistes, les anarchistes devraient prendre des mesures de prophylaxie élémentaires. Un groupe anarchiste n'est pas un bazar où n'importe qui vient faire son marché en écrasant les pieds des autres chalands. Pour être accueilli, le récipiendaire devrait montrer qu'il adhère au moins à l'éthique commune. Comme les anarchistes sont ombrageux et de sensibilités très variées, des nuances pourraient s'exprimer de groupes à groupes dans le respect de l'humanisme anarchiste. On y affirmerait par exemple le principe d'égalité de liberté dont découlent l'anticapitalisme, l'antiautoritarisme et toute la philosophie anarchiste ; le refus de tout réformisme, cette collaboration contre-nature avec l'ennemi de classe ; et un appel à la Révolution perpétuelle et permanente, dirigée contre toute autorité et d'abord contre les répressions, les contraintes, les injustices et les crimes de l'État dont l'anéantissement nécessaire annoncera l'avènement d'une société sans hiérarchie, d'une société de liberté, d'égalité et de solidarité.
lundi 29 janvier 2018
Rosa Luxembourg
L'odyssée spartakiste est injustement méconnue. Parce que ses idées et son action la plaçaient en marge des thèses officielles et souvent même en opposition avec la pratique marxiste, Rosa Luxembourg a été poussée vers la coulisse et oubliée dans un recoin de l'histoire.
Issue d'une famille aisée, Rosa Luxembourg est née en 1871 à Zarnosc en Pologne sous occupation russe. Elle commence de brillantes études à Varsovie qu'elle doit interrompre précipitamment pour se réfugier en Suisse afin d'échapper aux poursuites que ses activités révolutionnaires ont entraînées. Après un doctorat en économie politique à l'université de Zurich, elle rentre en Pologne où elle s'oppose aux socialistes qui font de l'indépendance leur revendication principale alors qu'elle veut unifier les prolétaires polonais et russes pour renverser le capitalisme et l'autocratie tsariste. S'expatriant à nouveau et prenant la nationalité allemande, elle adhère au parti social-démocrate mais refuse bientôt les thèses réformistes de Berstein pour défendre le principe d'un marxisme révolutionnaire intransigeant. Elle constate avec colère l'installation du parti et des syndicats dans la société bourgeoise ; elle est déçue par l'évolution des mutuelles, des coopératives et des journaux, tous acquis à l'intégration et à la collaboration de classe, à l'acceptation du capitalisme.
En 1914, alors que les parlementaires sociaux-démocrates allemands mais aussi les socialistes des autres pays européens votent les crédits de guerre et exaltent les vertus patriotiques, elle restera farouchement internationaliste. Avec Karl Liebknecht, elle dénoncera le caractère impérialiste du conflit ce qui lui vaudra de passer la plus grande partie de la guerre en prison. En 1916, avec les dissidents socialistes allemands, elle fondera le mouvement spartakiste dont les options antimilitaristes et révolutionnaires le désigneront à la persécution.
D'abord enthousiasmée par la révolution russe de 1917, elle s'opposera rapidement à Lénine qui préfère un parti bien structuré de militants disciplinés aux improvisations de la grève de masse. De même des pratiques de Trotsky et des autres dirigeants bolcheviks dont elle dénoncera l'autoritarisme et les contraintes imposées par la bureaucratie inhumaine qu'ils ont mise en place.
Affamé par le blocus et humilié par la défaite, le peuple allemand se soulève en janvier 1919. L'insurrection spartakiste sera sauvagement réprimée par les sociaux-démocrates alors qu'ils auraient dû en prendre la tête. Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht seront arrêtés et tués à coups de crosse. Jetés dans le Landwehrkanal à Berlin, les corps seront retrouvés trois mois plus tard.
Journaliste, polémiste et écrivain de talent, Rosa Luxembourg a produit une œuvre considérable. Mais elle est surtout connue pour sa théorie de la "grève de masse".
Pour instaurer le socialisme, la controverse passionnait le landerneau socialiste où les ténors donnaient de la voix : soit le réformisme et l'action parlementaire, soit la révolution et la grève de masse proche de la grève générale chère aux anarchistes, à Fernand Pélloutier et son anarcho-syndicalisme. Rosa Luxembourg est une théoricienne et une adepte convaincue de la grève de masse qui, selon les socialistes de l'entre-deux-siècles, devait déboucher sur la révolution et le changement de société. Elle la décrit dans un style personnel et coloré : "Tantôt elle se répand comme une vaste marée sur tout l'empire, tantôt elle se fractionne en un gigantesque réseau de ruisseaux étroits ; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Elle est la pulsion vivante de la révolution et en même temps son plus puissant ressort…".
Son opposition au réformisme et son penchant pour l'action révolutionnaire auraient pu la rapprocher des anarchistes mais son marxisme butté l'a conduite à privilégier le rôle d'une élite intelligente destinée à exercer le pouvoir, à gouverner et émanciper une classe laborieuse ignorante. Un tel considérant l'écarte absolument de l'égalitarisme anarchiste même si elle a stigmatisé les unanimités fabriquées et les applaudissements laudateurs ratifiant les résolutions présentées aux soviets par la douzaine d'hommes ambitieux qui dirigeaient le gouvernement à Moscou. Les hasards de l'histoire et son destin tragique lui auront au moins épargné de voir son souvenir flétri par les excès que cause toujours l'exercice du pouvoir.
Conforme à la pensée de Marx et Engels, sa contribution ne sera cependant pas reconnue par les dirigeants du mouvement communiste. Lénine constatera dans une épitaphe acide : "Ce fut un aigle malgré ses erreurs". D'une éthique sévère, trop idéaliste et pas assez pragmatique pour les doctrinaires soviétiques, elle ne figure pas au Panthéon du socialisme au même niveau que les monstres sacrés ou sanglants du marxisme historique, pas plus qu'elle n'a trouvé grâce aux yeux des anarchistes antiautoritaires et égalitaires.
Critiquée et reléguée dans un rôle subalterne avant d'être finalement écartée de la scène et ensevelie dans la fosse commune des espérances socialistes, par son talent, sa sincérité et son martyre, Rosa Luxembourg aurait mérité un sort moins cruel.
L'odyssée spartakiste est injustement méconnue. Parce que ses idées et son action la plaçaient en marge des thèses officielles et souvent même en opposition avec la pratique marxiste, Rosa Luxembourg a été poussée vers la coulisse et oubliée dans un recoin de l'histoire.
Issue d'une famille aisée, Rosa Luxembourg est née en 1871 à Zarnosc en Pologne sous occupation russe. Elle commence de brillantes études à Varsovie qu'elle doit interrompre précipitamment pour se réfugier en Suisse afin d'échapper aux poursuites que ses activités révolutionnaires ont entraînées. Après un doctorat en économie politique à l'université de Zurich, elle rentre en Pologne où elle s'oppose aux socialistes qui font de l'indépendance leur revendication principale alors qu'elle veut unifier les prolétaires polonais et russes pour renverser le capitalisme et l'autocratie tsariste. S'expatriant à nouveau et prenant la nationalité allemande, elle adhère au parti social-démocrate mais refuse bientôt les thèses réformistes de Berstein pour défendre le principe d'un marxisme révolutionnaire intransigeant. Elle constate avec colère l'installation du parti et des syndicats dans la société bourgeoise ; elle est déçue par l'évolution des mutuelles, des coopératives et des journaux, tous acquis à l'intégration et à la collaboration de classe, à l'acceptation du capitalisme.
En 1914, alors que les parlementaires sociaux-démocrates allemands mais aussi les socialistes des autres pays européens votent les crédits de guerre et exaltent les vertus patriotiques, elle restera farouchement internationaliste. Avec Karl Liebknecht, elle dénoncera le caractère impérialiste du conflit ce qui lui vaudra de passer la plus grande partie de la guerre en prison. En 1916, avec les dissidents socialistes allemands, elle fondera le mouvement spartakiste dont les options antimilitaristes et révolutionnaires le désigneront à la persécution.
D'abord enthousiasmée par la révolution russe de 1917, elle s'opposera rapidement à Lénine qui préfère un parti bien structuré de militants disciplinés aux improvisations de la grève de masse. De même des pratiques de Trotsky et des autres dirigeants bolcheviks dont elle dénoncera l'autoritarisme et les contraintes imposées par la bureaucratie inhumaine qu'ils ont mise en place.
Affamé par le blocus et humilié par la défaite, le peuple allemand se soulève en janvier 1919. L'insurrection spartakiste sera sauvagement réprimée par les sociaux-démocrates alors qu'ils auraient dû en prendre la tête. Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht seront arrêtés et tués à coups de crosse. Jetés dans le Landwehrkanal à Berlin, les corps seront retrouvés trois mois plus tard.
Journaliste, polémiste et écrivain de talent, Rosa Luxembourg a produit une œuvre considérable. Mais elle est surtout connue pour sa théorie de la "grève de masse".
Pour instaurer le socialisme, la controverse passionnait le landerneau socialiste où les ténors donnaient de la voix : soit le réformisme et l'action parlementaire, soit la révolution et la grève de masse proche de la grève générale chère aux anarchistes, à Fernand Pélloutier et son anarcho-syndicalisme. Rosa Luxembourg est une théoricienne et une adepte convaincue de la grève de masse qui, selon les socialistes de l'entre-deux-siècles, devait déboucher sur la révolution et le changement de société. Elle la décrit dans un style personnel et coloré : "Tantôt elle se répand comme une vaste marée sur tout l'empire, tantôt elle se fractionne en un gigantesque réseau de ruisseaux étroits ; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Elle est la pulsion vivante de la révolution et en même temps son plus puissant ressort…".
Son opposition au réformisme et son penchant pour l'action révolutionnaire auraient pu la rapprocher des anarchistes mais son marxisme butté l'a conduite à privilégier le rôle d'une élite intelligente destinée à exercer le pouvoir, à gouverner et émanciper une classe laborieuse ignorante. Un tel considérant l'écarte absolument de l'égalitarisme anarchiste même si elle a stigmatisé les unanimités fabriquées et les applaudissements laudateurs ratifiant les résolutions présentées aux soviets par la douzaine d'hommes ambitieux qui dirigeaient le gouvernement à Moscou. Les hasards de l'histoire et son destin tragique lui auront au moins épargné de voir son souvenir flétri par les excès que cause toujours l'exercice du pouvoir.
Conforme à la pensée de Marx et Engels, sa contribution ne sera cependant pas reconnue par les dirigeants du mouvement communiste. Lénine constatera dans une épitaphe acide : "Ce fut un aigle malgré ses erreurs". D'une éthique sévère, trop idéaliste et pas assez pragmatique pour les doctrinaires soviétiques, elle ne figure pas au Panthéon du socialisme au même niveau que les monstres sacrés ou sanglants du marxisme historique, pas plus qu'elle n'a trouvé grâce aux yeux des anarchistes antiautoritaires et égalitaires.
Critiquée et reléguée dans un rôle subalterne avant d'être finalement écartée de la scène et ensevelie dans la fosse commune des espérances socialistes, par son talent, sa sincérité et son martyre, Rosa Luxembourg aurait mérité un sort moins cruel.
lundi 22 janvier 2018
Petit conte oriental
Il était une fois, dans un pays lointain, un petit garçon aux grands yeux noirs. Il avait six ans et il travaillait douze heures par jour dans un sombre atelier très poussiéreux.
Survinrent des anarchistes qui venaient du pays de la liberté. Ils voyageaient de par le monde pour étudier les normes sociales et les systèmes d'oppression des contrées qu'ils traversaient.
Ils aperçurent le petit garçon qui travaillait. Ils s'approchèrent et lui demandèrent :
- Petit garçon aux grands yeux noirs, ne préférerais-tu pas jouer avec tes petits camarades plutôt que de travailler dans ce sombre atelier très poussiéreux ?
- Non ! Je préfère travailler ! répondit le petit garçon qui avait bien appris sa leçon.
Même si, au premier abord, les anarchistes furent un peu surpris par la réponse qu'on leur faisait, ils restèrent confiants dans leurs facultés d'analyse. Ils savaient de longue date que la dialectique élève l'esprit vers les cimes tandis que la précipitation obscurcit la pensée. Ils s'arrêtèrent donc pour réfléchir. Après quelques jours de palabre, ils triomphèrent enfin de leurs contradictions en démontrant que l'intelligence doit être subordonnée à la tolérance, que celle-ci vient du cœur tandis que celle-là suinte d'un nerf vil, que la liberté est propre à la personne et qu'elle peut prendre des formes singulières selon les tempéraments et les cultures, que le sentiment perçoit des vérités que l'esprit ne peut appréhender. En conséquence, ils décrétèrent qu'il convient toujours de respecter l'opinion de l'autre même, et surtout, quand on ne la comprend pas. Et ils louèrent la profonde sagesse de ce pays qui donnait aux petits garçons de six ans la liberté de travailler douze heures par jour dans de sombres ateliers très poussiéreux.
* * *
De retour dans le pays de la liberté, les anarchistes remarquèrent bientôt que des jeunes filles allaient à l'école la tête couverte d'un voile disgracieux.
Alors que, de tradition immémoriale, les jeunes filles en fleurs au bord de l'adolescence rivalisent de ruses pour séduire les garçons qui bourdonnent autour d'elles, qu'elles ornent leurs corps juvéniles de bracelets et de bijoux pour mieux les attirer, qu'elles habillent leur jeunesse des couleurs du printemps, les anarchistes observaient curieusement que certaines allaient sans goût, dissimulant sous un voile disgracieux ce que les autres s'ingéniaient à montrer.
Ils s'approchèrent de l'une d'entre elles et lui demandèrent :
- Jolie jeune fille, ne préférerais-tu pas aller à l'école en souriant aux garçons de ton âge dans des atours attrayants plutôt que d'aller la tête couverte de ce voile disgracieux ?
- Non ! Je préfère être une sainte-nitouche et aller à l'école la tête couverte de ce voile disgracieux ! répondit la jolie jeune fille qui avait bien appris sa leçon.
Même si, au premier abord, les anarchistes furent un peu surpris par la réponse qu'on leur faisait, ils restèrent confiants dans leurs facultés d'analyse. Ils s'arrêtèrent pour réfléchir afin de décider en connaissance de cause. Ils savaient déjà que l'intelligence doit être subordonnée à la tolérance et c'est pourquoi leur palabre ne dura que quelques heures. Ils conclurent donc rapidement que, comme le berger porte l'agneau tremblant au passage d'un ruisseau torrentueux, la tolérance assiste et fortifie l'intelligence lorsqu'elle doute devant un obstacle redoutable. Ils en déduisirent logiquement qu'il convient toujours de respecter l'opinion de l'autre même, et surtout, quand on ne la comprend pas. Et ils louèrent la profonde sagesse de leur pays qui donnait aux jeunes filles en fleurs la liberté d'être des saintes-nitouches et d'aller à l'école la tête couverte d'un voile disgracieux.
* * *
Quelques années plus tard, toutes les filles du pays de la liberté durent aller à l'école la tête couverte d'un voile disgracieux. Quant aux petits garçons, ils travaillaient tous douze heures par jour dans de sombres ateliers très poussiéreux.
De leur côté, les anarchistes ne disaient rien. Ils ne disaient plus rien depuis qu'on leur avait coupé la langue.
Il était une fois, dans un pays lointain, un petit garçon aux grands yeux noirs. Il avait six ans et il travaillait douze heures par jour dans un sombre atelier très poussiéreux.
Survinrent des anarchistes qui venaient du pays de la liberté. Ils voyageaient de par le monde pour étudier les normes sociales et les systèmes d'oppression des contrées qu'ils traversaient.
Ils aperçurent le petit garçon qui travaillait. Ils s'approchèrent et lui demandèrent :
- Petit garçon aux grands yeux noirs, ne préférerais-tu pas jouer avec tes petits camarades plutôt que de travailler dans ce sombre atelier très poussiéreux ?
- Non ! Je préfère travailler ! répondit le petit garçon qui avait bien appris sa leçon.
Même si, au premier abord, les anarchistes furent un peu surpris par la réponse qu'on leur faisait, ils restèrent confiants dans leurs facultés d'analyse. Ils savaient de longue date que la dialectique élève l'esprit vers les cimes tandis que la précipitation obscurcit la pensée. Ils s'arrêtèrent donc pour réfléchir. Après quelques jours de palabre, ils triomphèrent enfin de leurs contradictions en démontrant que l'intelligence doit être subordonnée à la tolérance, que celle-ci vient du cœur tandis que celle-là suinte d'un nerf vil, que la liberté est propre à la personne et qu'elle peut prendre des formes singulières selon les tempéraments et les cultures, que le sentiment perçoit des vérités que l'esprit ne peut appréhender. En conséquence, ils décrétèrent qu'il convient toujours de respecter l'opinion de l'autre même, et surtout, quand on ne la comprend pas. Et ils louèrent la profonde sagesse de ce pays qui donnait aux petits garçons de six ans la liberté de travailler douze heures par jour dans de sombres ateliers très poussiéreux.
* * *
De retour dans le pays de la liberté, les anarchistes remarquèrent bientôt que des jeunes filles allaient à l'école la tête couverte d'un voile disgracieux.
Alors que, de tradition immémoriale, les jeunes filles en fleurs au bord de l'adolescence rivalisent de ruses pour séduire les garçons qui bourdonnent autour d'elles, qu'elles ornent leurs corps juvéniles de bracelets et de bijoux pour mieux les attirer, qu'elles habillent leur jeunesse des couleurs du printemps, les anarchistes observaient curieusement que certaines allaient sans goût, dissimulant sous un voile disgracieux ce que les autres s'ingéniaient à montrer.
Ils s'approchèrent de l'une d'entre elles et lui demandèrent :
- Jolie jeune fille, ne préférerais-tu pas aller à l'école en souriant aux garçons de ton âge dans des atours attrayants plutôt que d'aller la tête couverte de ce voile disgracieux ?
- Non ! Je préfère être une sainte-nitouche et aller à l'école la tête couverte de ce voile disgracieux ! répondit la jolie jeune fille qui avait bien appris sa leçon.
Même si, au premier abord, les anarchistes furent un peu surpris par la réponse qu'on leur faisait, ils restèrent confiants dans leurs facultés d'analyse. Ils s'arrêtèrent pour réfléchir afin de décider en connaissance de cause. Ils savaient déjà que l'intelligence doit être subordonnée à la tolérance et c'est pourquoi leur palabre ne dura que quelques heures. Ils conclurent donc rapidement que, comme le berger porte l'agneau tremblant au passage d'un ruisseau torrentueux, la tolérance assiste et fortifie l'intelligence lorsqu'elle doute devant un obstacle redoutable. Ils en déduisirent logiquement qu'il convient toujours de respecter l'opinion de l'autre même, et surtout, quand on ne la comprend pas. Et ils louèrent la profonde sagesse de leur pays qui donnait aux jeunes filles en fleurs la liberté d'être des saintes-nitouches et d'aller à l'école la tête couverte d'un voile disgracieux.
* * *
Quelques années plus tard, toutes les filles du pays de la liberté durent aller à l'école la tête couverte d'un voile disgracieux. Quant aux petits garçons, ils travaillaient tous douze heures par jour dans de sombres ateliers très poussiéreux.
De leur côté, les anarchistes ne disaient rien. Ils ne disaient plus rien depuis qu'on leur avait coupé la langue.
lundi 1 janvier 2018
Voter pour une personne est antidémocratique. C'est se choisir un maître. C'est se soumettre, c’est s’avilir. La personne choisie détiendra le pouvoir. Elle sera donc nécessairement corrompue car le pouvoir corrompt toujours.
Comme son seul but sera d'être réélu, le politicien ne se souciera pas du tout du bien commun, mais seulement de sa réélection, car le pouvoir est grisant en lui-même ; c'est une drogue qui provoque une addiction tyrannique. Le pouvoir met son détenteur au-dessus de toutes les autres personnes ; il lui procure des avantages sans nombre, des privilèges, du prestige, de la notoriété, de la considération, de la richesse. Pour être réélu, le politicien sera malhonnête ; il n'hésitera jamais à commettre une forfaiture dès lors qu'elle peut le servir ; il contraindra ses obligés et son entourage à servir ses desseins ; il ne reculera devant aucune malversation dès lors que ce moyen indigne peut lui ouvrir des portes. L'histoire récente et passée prouve tout cela. Les exemples sont légions. Il ne faut jamais voter pour une personne. C'est toujours voter contre soi-même.
Si le politicien ne pouvait pas prétendre à plusieurs mandats successifs, s’il était contraint de se retirer sans pouvoir se présenter pour une réélection, lui-même et ses affidés combattraient ce mécanisme électoral avec férocité. Pour un politicien, perdre son siège, voir se tarir la source de toutes ses joies, c’est passer de la lumière à l'obscurité, de l'abondance à l'indigence ; c’est retomber dans la médiocrité, dans l’insignifiance d’où son mandat l’avait sorti ; c’est être privé des prébendes dont il jouit sans compter, des hôtels de luxe, des appartements de fonction, des limousines avec chauffeurs, des voyages en avions privés, du cuissage, des tables dans les meilleurs restaurants, des crus les plus renommés ; c’est perdre des rémunérations injustifiées, des pensions mirifiques, des petits cadeaux, des enveloppes sous la table ; c’est ne plus figurer au premier rang sur la photo, ne plus faire les titres des journaux, ne plus passer à la télévision, ne plus participer au bal politique, ne plus être le plus beau, le plus envié, le plus admiré, le plus louangé, le plus adulé. C’est perdre son graal. Non, tout mais pas ça. Jamais.
Voter pour un projet, c'est se conduire en adulte. C'est accomplir un acte démocratique. C'est apporter son adhésion à une initiative économique ou sociale ou politique ou culturelle ou autre encore. C'est juger de son utilité, de sa pertinence, de l'avantage personnel que l'on en retirera ou de l'intérêt général qui y trouvera un supplément de solidarité ou simplement un plus grand confort, du délassement ou des agréments particuliers. Tout ceci est absent des préoccupations des politiciens dont l'horizon se limite à leur réélection. Pour conserver leur mandat, tous les moyens leur sont bons et surtout les moins généreux voire les plus sordides.
Interrogés par référendum, les français ont l'habitude d'ignorer le fond pour répondre en faveur ou contre l'auteur de la proposition. Cette particularité française enlève à la consultation populaire tout intérêt mais elle s'explique simplement. Les français sont appelés à voter régulièrement et fréquemment pour ou contre des politiciens, et presque jamais pour un projet. Les français sont conséquents et, entraînés à voter pour ou contre une personne, ils suivent leur pente lorsque, rarement, ils sont appelés à se prononcer lors d'un référendum. Selon leur habitude, ils votent pour ou contre l'auteur de la proposition. Les choses changeront lorsque des consultations populaires seront organisées régulièrement, à l'instar des votations en Suisse.
La Suisse est l'un des rares pays où la démocratie n'est pas entièrement confisquée par les politiciens. Les suisses votent régulièrement pour des personnes, mais ils sont aussi souvent appelés à se prononcer sur des projets. À la surprise générale, mais aussi à l'admiration des observateurs, les suisses font preuve d'une maturité politique exemplaire. Ce petit pays est un modèle dont tous les autres devraient s'inspirer ; ils pourraient apprécier les nombreux avantages que retire la société helvétique de son système de votation.
La société du futur devra tenir compte des leçons du passé et des possibilités qu'une saine connaissance de la démocratie peut apporter.
Comme les nombreux politiciens se distinguent principalement par leur incompétence et leur corruption, les dirigeants d'un pays doivent être peu nombreux et désignés par tirage au sort parmi la partie de la population consentante. Le tirage au sort désignerait des personnes dont les compétences seront variées et l'honnêteté peut-être parfois sujette à caution. Mais, l'un dans l'autre, les gouvernements désignés de cette façon, non seulement ne pourraient pas être pires que ceux issus des élections ordinaires, mais à coup sûr, ils seraient forcément meilleurs. Après avoir accompli un mandat, les politiciens retourneraient à la vie civile sans possibilité de retrouver jamais une nouvelle fonction officielle.
Parallèlement, tous les actes du gouvernement seraient soumis à l'aval du peuple. L’Internet pourrait servir d’interface. Les projets pourraient procéder des gestionnaires ou du peuple lui-même. Le gouvernement serait seulement chargé de mettre les projets en œuvre et de réaliser les volontés du peuple exprimées par des votes. Ceux-ci approuveraient ou sanctionneraient les décisions ou, éventuellement, révoqueraient le mauvais gestionnaire ou condamneraient son écart de conduite.
Comme son seul but sera d'être réélu, le politicien ne se souciera pas du tout du bien commun, mais seulement de sa réélection, car le pouvoir est grisant en lui-même ; c'est une drogue qui provoque une addiction tyrannique. Le pouvoir met son détenteur au-dessus de toutes les autres personnes ; il lui procure des avantages sans nombre, des privilèges, du prestige, de la notoriété, de la considération, de la richesse. Pour être réélu, le politicien sera malhonnête ; il n'hésitera jamais à commettre une forfaiture dès lors qu'elle peut le servir ; il contraindra ses obligés et son entourage à servir ses desseins ; il ne reculera devant aucune malversation dès lors que ce moyen indigne peut lui ouvrir des portes. L'histoire récente et passée prouve tout cela. Les exemples sont légions. Il ne faut jamais voter pour une personne. C'est toujours voter contre soi-même.
Si le politicien ne pouvait pas prétendre à plusieurs mandats successifs, s’il était contraint de se retirer sans pouvoir se présenter pour une réélection, lui-même et ses affidés combattraient ce mécanisme électoral avec férocité. Pour un politicien, perdre son siège, voir se tarir la source de toutes ses joies, c’est passer de la lumière à l'obscurité, de l'abondance à l'indigence ; c’est retomber dans la médiocrité, dans l’insignifiance d’où son mandat l’avait sorti ; c’est être privé des prébendes dont il jouit sans compter, des hôtels de luxe, des appartements de fonction, des limousines avec chauffeurs, des voyages en avions privés, du cuissage, des tables dans les meilleurs restaurants, des crus les plus renommés ; c’est perdre des rémunérations injustifiées, des pensions mirifiques, des petits cadeaux, des enveloppes sous la table ; c’est ne plus figurer au premier rang sur la photo, ne plus faire les titres des journaux, ne plus passer à la télévision, ne plus participer au bal politique, ne plus être le plus beau, le plus envié, le plus admiré, le plus louangé, le plus adulé. C’est perdre son graal. Non, tout mais pas ça. Jamais.
Voter pour un projet, c'est se conduire en adulte. C'est accomplir un acte démocratique. C'est apporter son adhésion à une initiative économique ou sociale ou politique ou culturelle ou autre encore. C'est juger de son utilité, de sa pertinence, de l'avantage personnel que l'on en retirera ou de l'intérêt général qui y trouvera un supplément de solidarité ou simplement un plus grand confort, du délassement ou des agréments particuliers. Tout ceci est absent des préoccupations des politiciens dont l'horizon se limite à leur réélection. Pour conserver leur mandat, tous les moyens leur sont bons et surtout les moins généreux voire les plus sordides.
Interrogés par référendum, les français ont l'habitude d'ignorer le fond pour répondre en faveur ou contre l'auteur de la proposition. Cette particularité française enlève à la consultation populaire tout intérêt mais elle s'explique simplement. Les français sont appelés à voter régulièrement et fréquemment pour ou contre des politiciens, et presque jamais pour un projet. Les français sont conséquents et, entraînés à voter pour ou contre une personne, ils suivent leur pente lorsque, rarement, ils sont appelés à se prononcer lors d'un référendum. Selon leur habitude, ils votent pour ou contre l'auteur de la proposition. Les choses changeront lorsque des consultations populaires seront organisées régulièrement, à l'instar des votations en Suisse.
La Suisse est l'un des rares pays où la démocratie n'est pas entièrement confisquée par les politiciens. Les suisses votent régulièrement pour des personnes, mais ils sont aussi souvent appelés à se prononcer sur des projets. À la surprise générale, mais aussi à l'admiration des observateurs, les suisses font preuve d'une maturité politique exemplaire. Ce petit pays est un modèle dont tous les autres devraient s'inspirer ; ils pourraient apprécier les nombreux avantages que retire la société helvétique de son système de votation.
La société du futur devra tenir compte des leçons du passé et des possibilités qu'une saine connaissance de la démocratie peut apporter.
Comme les nombreux politiciens se distinguent principalement par leur incompétence et leur corruption, les dirigeants d'un pays doivent être peu nombreux et désignés par tirage au sort parmi la partie de la population consentante. Le tirage au sort désignerait des personnes dont les compétences seront variées et l'honnêteté peut-être parfois sujette à caution. Mais, l'un dans l'autre, les gouvernements désignés de cette façon, non seulement ne pourraient pas être pires que ceux issus des élections ordinaires, mais à coup sûr, ils seraient forcément meilleurs. Après avoir accompli un mandat, les politiciens retourneraient à la vie civile sans possibilité de retrouver jamais une nouvelle fonction officielle.
Parallèlement, tous les actes du gouvernement seraient soumis à l'aval du peuple. L’Internet pourrait servir d’interface. Les projets pourraient procéder des gestionnaires ou du peuple lui-même. Le gouvernement serait seulement chargé de mettre les projets en œuvre et de réaliser les volontés du peuple exprimées par des votes. Ceux-ci approuveraient ou sanctionneraient les décisions ou, éventuellement, révoqueraient le mauvais gestionnaire ou condamneraient son écart de conduite.
lundi 25 décembre 2017
Le comportement des politiciens est l’un des principaux problèmes que la société d’aujourd’hui n’arrive pas à résoudre. Comment est-il possible qu'ils soient aussi mauvais ? aussi corrompus ? aussi insensibles aux souffrances du peuple, à ses souhaits, à ses difficultés ?
C'est que le politicien a d'autres chats à fouetter. Il occupe une position particulière qui l'écarte décidément des préoccupations du peuple. Il vit dans les palais de la nation ; il fréquente les meilleurs hôtels ; il se déplace en voiture avec chauffeur ou en avion privé ; il jouit de la considération générale, de ses subordonnés comme des maîtres de la bourse ; il participe à des services de photos pour les journaux people ; il donne des interviews aux journalistes ; il discoure dans des meetings et à la télévision ; l'encens du pouvoir et des hommages lui embrume l'esprit.
Il évolue à des années lumière du peuple. On peut comparer sa condition sociale à celle des aristocrates de l'Ancien Régime dont les modes d'existence n'avait aucun rapport avec ceux du peuple, avec ceux des culs-terreux, comme ils aimaient à le souligner.
Le politicien n'a qu'une préoccupation. Elle l'occupe nuit et jour. Il travaille sans cesse à sa réélection. Pour cela, pour conserver tous ses avantages, il est prêt à tout. Et on le voit au quotidien.
C'est que le politicien a d'autres chats à fouetter. Il occupe une position particulière qui l'écarte décidément des préoccupations du peuple. Il vit dans les palais de la nation ; il fréquente les meilleurs hôtels ; il se déplace en voiture avec chauffeur ou en avion privé ; il jouit de la considération générale, de ses subordonnés comme des maîtres de la bourse ; il participe à des services de photos pour les journaux people ; il donne des interviews aux journalistes ; il discoure dans des meetings et à la télévision ; l'encens du pouvoir et des hommages lui embrume l'esprit.
Il évolue à des années lumière du peuple. On peut comparer sa condition sociale à celle des aristocrates de l'Ancien Régime dont les modes d'existence n'avait aucun rapport avec ceux du peuple, avec ceux des culs-terreux, comme ils aimaient à le souligner.
Le politicien n'a qu'une préoccupation. Elle l'occupe nuit et jour. Il travaille sans cesse à sa réélection. Pour cela, pour conserver tous ses avantages, il est prêt à tout. Et on le voit au quotidien.
lundi 18 décembre 2017
Les juifs n’ont même pas la décence de jouir de leur pouvoir discrètement. Ils en font étalage. Leurs sempiternelles et quotidiennes célébrations de leurs malheurs sont annoncées à coups de cymbales. Les repentances sont répétées incessamment, honteuses et humiliantes pour la France, scandaleuses et infâmes, réitérées et rabâchées, pour culpabiliser les français, pour les avilir et les rendre méprisables au regard du peuple des juifs, grand et magnanime devant la lâcheté et la trahison.
Décidément, les juifs sont inhumains dans les deux sens du terme : ils appartiendraient à une autre espèce, supérieure, et ils sont impitoyables, insensibles.
Deux communautés étrangères ont pour ambition de conquérir le monde.
Les juifs utilisent l’infiltration, la subversion, l’argent et la corruption, la destruction systématiques des cultures des pays qu’ils contaminent pour les affaiblir. Ils s’emparent alors des institutions et confisquent le pouvoir. Ils utilisent les mêmes procédés dans tous les pays où ils sont présents et, ainsi, de proche en proche, ils étendent encore et toujours leur domination. La France est déjà tombée dans leur escarcelle et, maintenant, c’est le tour de l’Union européenne tout entière à basculer dans la soumission. Bientôt, les libertés d’autres pays seront rognées de la même façon, victimes de l’hyperorexie morbide propre à la culture de cette communauté.
Les musulmans ont la même aspiration au despotisme, mais ils utilisent d’autres moyens. Le Coran et la Charia sont les socles sur lesquels ils bâtiront leur monocratie théocratique. Le passé porte témoignage de la force brute qu’ils utilisent pour arriver à leurs fins. Nul doute qu’ils veulent plonger l’humanité dans un bain de sang pour la régénérer et établir leur califat universel. La France est sur le point d’être mise au carcan car rien n’est entrepris pour endiguer la montée de ce péril.
Il serait illusoire de croire que l’une ou l’autre de ces communautés renoncera à son projet de conquérir le plus beau pays du monde et d’anéantir la culture française.
Tout est-il donc perdu ?
Dans un avenir peut-être pas si lointain, après la guerre des mondes, après l’annihilation réciproque des doctrinaires fous et furieux, dans le désert gaulois, des fouineurs retourneront des pierres et quelques ruines à la recherche de la fosse où gît la civilisation française.
Mais la France profonde n’est pas encore vaincue. Dans l’épreuve, elle a toujours su secouer ses chaînes.
Aucun gouvernement ne viendra à son secours. Les pouvoirs en France sont subjugués par l’ennemi. Les collabos fascistes, les traîtres, les gestapos, les Kommandanturs et les Volksgerichtshofts suppriment les libertés, condamnent et emprisonnent les résistants. Leurs sbires font la chasse aux réfractaires. La peur et l’angoisse paralysent la population. On se cache pour parler ; on hésite même avant de penser.
La France ne trouvera son salut que dans la révolution.
L’organisation de la France révolutionnaire pourrait s’appeler le FLN.
Le FLN aura pour but de relever la culture française pantelante, de reconquérir la liberté et de bouter les occupants, juifs et musulmans, hors de France.
Il faut fermer les mosquées, les synagogues, les écoles et autres établissements confessionnels.
Il faut un statut des étrangers. Ceux-ci ne peuvent être candidats aux élections ; ils n’ont pas de droit de vote ; ils ne peuvent pas manifester ; ils ne peuvent participer à des tirages au sort ni être membres de jurys populaires ; ils ne peuvent être fonctionnaires.
Il faut interdire l’abattage halal et cacher, les repas halal et cacher dans les cantines, l’excision et la circoncision, le regroupement familial, les prières de rues, la discrimination sexuelle dans les piscines ou ailleurs, les salles de prières dans les entreprises.
Il faut supprimer les privilèges, les coutumes et traditions autres que françaises, comme les voiles, les djellabas ou les kippas.
Le peuple en révolution passe outre aux lois, règlements, traités, accords, quels qu’ils soient.
De haut en bas de l’échelle des pouvoirs, les faux-nez dissimulés partout, juifs, musulmans et collabos s’opposeront de toutes leurs forces à la révolution. Ils mobiliseront leurs polices et leurs supplétifs, leurs mouchards et leurs voyous pour traquer les résistants, les F.F.I., les maquisards, les partisans, le peuple de France qui les harcèleront de toutes les manières, par le sabotage et l’intimidation s’il y échet, par la terreur s’il le faut.
La France est à nous !
Soyons dignes de nos ancêtres, soyons fiers de notre legs à nos enfants !
Sachons vaincre ou sachons périr !
Décidément, les juifs sont inhumains dans les deux sens du terme : ils appartiendraient à une autre espèce, supérieure, et ils sont impitoyables, insensibles.
Deux communautés étrangères ont pour ambition de conquérir le monde.
Les juifs utilisent l’infiltration, la subversion, l’argent et la corruption, la destruction systématiques des cultures des pays qu’ils contaminent pour les affaiblir. Ils s’emparent alors des institutions et confisquent le pouvoir. Ils utilisent les mêmes procédés dans tous les pays où ils sont présents et, ainsi, de proche en proche, ils étendent encore et toujours leur domination. La France est déjà tombée dans leur escarcelle et, maintenant, c’est le tour de l’Union européenne tout entière à basculer dans la soumission. Bientôt, les libertés d’autres pays seront rognées de la même façon, victimes de l’hyperorexie morbide propre à la culture de cette communauté.
Les musulmans ont la même aspiration au despotisme, mais ils utilisent d’autres moyens. Le Coran et la Charia sont les socles sur lesquels ils bâtiront leur monocratie théocratique. Le passé porte témoignage de la force brute qu’ils utilisent pour arriver à leurs fins. Nul doute qu’ils veulent plonger l’humanité dans un bain de sang pour la régénérer et établir leur califat universel. La France est sur le point d’être mise au carcan car rien n’est entrepris pour endiguer la montée de ce péril.
Il serait illusoire de croire que l’une ou l’autre de ces communautés renoncera à son projet de conquérir le plus beau pays du monde et d’anéantir la culture française.
Tout est-il donc perdu ?
Dans un avenir peut-être pas si lointain, après la guerre des mondes, après l’annihilation réciproque des doctrinaires fous et furieux, dans le désert gaulois, des fouineurs retourneront des pierres et quelques ruines à la recherche de la fosse où gît la civilisation française.
Mais la France profonde n’est pas encore vaincue. Dans l’épreuve, elle a toujours su secouer ses chaînes.
Aucun gouvernement ne viendra à son secours. Les pouvoirs en France sont subjugués par l’ennemi. Les collabos fascistes, les traîtres, les gestapos, les Kommandanturs et les Volksgerichtshofts suppriment les libertés, condamnent et emprisonnent les résistants. Leurs sbires font la chasse aux réfractaires. La peur et l’angoisse paralysent la population. On se cache pour parler ; on hésite même avant de penser.
La France ne trouvera son salut que dans la révolution.
L’organisation de la France révolutionnaire pourrait s’appeler le FLN.
Le FLN aura pour but de relever la culture française pantelante, de reconquérir la liberté et de bouter les occupants, juifs et musulmans, hors de France.
Il faut fermer les mosquées, les synagogues, les écoles et autres établissements confessionnels.
Il faut un statut des étrangers. Ceux-ci ne peuvent être candidats aux élections ; ils n’ont pas de droit de vote ; ils ne peuvent pas manifester ; ils ne peuvent participer à des tirages au sort ni être membres de jurys populaires ; ils ne peuvent être fonctionnaires.
Il faut interdire l’abattage halal et cacher, les repas halal et cacher dans les cantines, l’excision et la circoncision, le regroupement familial, les prières de rues, la discrimination sexuelle dans les piscines ou ailleurs, les salles de prières dans les entreprises.
Il faut supprimer les privilèges, les coutumes et traditions autres que françaises, comme les voiles, les djellabas ou les kippas.
Le peuple en révolution passe outre aux lois, règlements, traités, accords, quels qu’ils soient.
De haut en bas de l’échelle des pouvoirs, les faux-nez dissimulés partout, juifs, musulmans et collabos s’opposeront de toutes leurs forces à la révolution. Ils mobiliseront leurs polices et leurs supplétifs, leurs mouchards et leurs voyous pour traquer les résistants, les F.F.I., les maquisards, les partisans, le peuple de France qui les harcèleront de toutes les manières, par le sabotage et l’intimidation s’il y échet, par la terreur s’il le faut.
La France est à nous !
Soyons dignes de nos ancêtres, soyons fiers de notre legs à nos enfants !
Sachons vaincre ou sachons périr !
lundi 11 décembre 2017
En voilà assez !
"Il faut toujours savoir tirer l’épée !".
En voilà assez du gouvernement autocratique judéen et de la colonisation musulmane !
La France doit reconquérir son âme et se débarrasser des envahisseurs juifs et musulmans. Il faut les expulser. Ces occupants profiteurs et exploiteurs, prévaricateurs et prébendiers, trafiquants et accapareurs, concussionnaires et déprédateurs, voleurs et assassins, gestapistes et espions, argousins aubains et roussins étrangers, rastaquouères et mercantis de tous poils, doivent disparaître de l’horizon français.
À l’instar des espagnols de la Renaissance et leur "Reconquista", les français doivent reconquérir la France et expulser les juifs et les musulmans.
Le chœur des juifs est dans toutes les oreilles. Ils nous chantent sur tous les tons : "Israël ! Notre patrie !"
Hé bien, qu’ils y retournent !
Mais, en proclamant que leur patrie est Israël, les juifs reconnaissent ainsi et clairement qu’ils ne sont pas français. Ils sont donc bel et bien des occupants en France et ils n’ont aucun droit à y exercer un pouvoir quel qu’il soit.
Comme le corps des États-Unis est formé des cinquante États de l’Union, mais que le cerveau est Israël, le cinquante-et-unième État, les juifs pourraient être expulsés soit vers Israël, soit vers l’un quelconque des cinquante autres États des États-Unis. Ils y seraient comme en Israël puisque plus de 80 pour cent des américains sont circoncis. Quoi qu’ils en disent, de nombreux juifs pourraient être réticents à regagner Israël, ce pays béni de Yahvé, cette Terre promise où ruissellent le lait et le miel, mais néanmoins semi-désertique, caillouteuse, aréique.
La circoncision est toujours un acte de soumission à une religion, et rien d’autre. Il s’agit d’une mutilation sans cause légitime, interdite en France tout comme l’excision, mais imposée de longue date par le pouvoir juif.
Les américains sont détestés dans le monde entier à l’égal des juifs dont ils sont la duplication. Eux aussi veulent exercer le pouvoir partout en profitant de leur force, le prurit des juifs.
L’Europe et la France ne sont ni juives ni musulmanes. Juifs et musulmans y sont des étrangers.
La France est laïque. Sa morale est une synthèse des modèles grec, romain et chrétien. Profondément marquée par le catholicisme au cours de mille années d’une autocratie sourcilleuse, la France s’en est heureusement libérée d’autant plus que, de son côté, la religion catholique a perdu tout son pouvoir de nuisance depuis le concile Vatican II où, reniant son passé millénaire, elle s’est abîmée dans un pseudo-socialo-marxisme mal digéré dont le miserere lui barbouille l’estomac et la raison, faisant fuir ses fidèles et ses prêtres météorisés pour aboutir finalement à élire un pape bolchevik. Le catholicisme n’est plus un danger pour la France ni pour personne.
On disait à Rome : il faut suivre les coutumes de Rome. En France, il faut suivre les coutumes de la France. Les musulmans en particulier veulent imposer leurs coutumes aux français. Le voile dont leurs femmes sont harnachées sont des provocations. Cela signifie que les musulmans sont chez eux en France et que les français n’y sont plus que tolérés, qu’ils sont devenus des espèces de zonards avant, -pourquoi pas ?- d’être expulsés ou simplement corrigés s’ils ne filent pas doux. Le message est de plus en plus clair. La riposte ne doit pas l’être moins. Tous ces musulmans arrogants et profiteurs doivent être expulsés. Une fois pour toutes, ils doivent comprendre qu’ils sont des étrangers en France et qu’ils ne sont plus les bienvenus depuis qu’ils se conduisent comme des conquérants. Ils se rêvent en maîtres dans les vapeurs de leur picrate halal. Mais le rêve passe et il y a loin de la coupe aux lèvres.
Le multiculturalisme n’existe pas. Lorsque plusieurs cultures sont en concurrence dans un pays, elles sont antagonistes et la plus forte l’emporte. Les autres lui sont soumises. C’est une loi universelle. En France, trois cultures s’affrontent : la culture française, la culture juive et la culture musulmane. La culture française l’emportera finalement en dépit du pouvoir juif cosmopolite, de ses polices, de ses tribunaux, de ses gestapos, de ses collabos et des traîtres, en dépit des privilèges conquis par les musulmans, malgré leur nombre, leurs soutiens, leur fanatisme et des traîtres. La culture française prévaudra nécessairement, fût-ce au prix d’une guerre civile.
Il n’y a pas de vivre ensemble ; chacun veut vivre entre-soi.
L’angélisme est une des tares séniles des bobos. Cette urticaire irritante ne leur laisse aucun repos. Ils veulent sans cesse entraîner les autres dans le vice qui les démangent.
En France, les pauvres sont de plus en plus pauvres, les migrants musulmans profiteurs de plus en plus riches. La religion musulmane n’est pas compatible avec la laïcité ni avec aucune autre religion. Les musulmans ne reconnaissent que la charia et aucune des lois du pays qu’ils ont choisi de coloniser.
"Il faut toujours savoir tirer l’épée !".
En voilà assez du gouvernement autocratique judéen et de la colonisation musulmane !
La France doit reconquérir son âme et se débarrasser des envahisseurs juifs et musulmans. Il faut les expulser. Ces occupants profiteurs et exploiteurs, prévaricateurs et prébendiers, trafiquants et accapareurs, concussionnaires et déprédateurs, voleurs et assassins, gestapistes et espions, argousins aubains et roussins étrangers, rastaquouères et mercantis de tous poils, doivent disparaître de l’horizon français.
À l’instar des espagnols de la Renaissance et leur "Reconquista", les français doivent reconquérir la France et expulser les juifs et les musulmans.
Le chœur des juifs est dans toutes les oreilles. Ils nous chantent sur tous les tons : "Israël ! Notre patrie !"
Hé bien, qu’ils y retournent !
Mais, en proclamant que leur patrie est Israël, les juifs reconnaissent ainsi et clairement qu’ils ne sont pas français. Ils sont donc bel et bien des occupants en France et ils n’ont aucun droit à y exercer un pouvoir quel qu’il soit.
Comme le corps des États-Unis est formé des cinquante États de l’Union, mais que le cerveau est Israël, le cinquante-et-unième État, les juifs pourraient être expulsés soit vers Israël, soit vers l’un quelconque des cinquante autres États des États-Unis. Ils y seraient comme en Israël puisque plus de 80 pour cent des américains sont circoncis. Quoi qu’ils en disent, de nombreux juifs pourraient être réticents à regagner Israël, ce pays béni de Yahvé, cette Terre promise où ruissellent le lait et le miel, mais néanmoins semi-désertique, caillouteuse, aréique.
La circoncision est toujours un acte de soumission à une religion, et rien d’autre. Il s’agit d’une mutilation sans cause légitime, interdite en France tout comme l’excision, mais imposée de longue date par le pouvoir juif.
Les américains sont détestés dans le monde entier à l’égal des juifs dont ils sont la duplication. Eux aussi veulent exercer le pouvoir partout en profitant de leur force, le prurit des juifs.
L’Europe et la France ne sont ni juives ni musulmanes. Juifs et musulmans y sont des étrangers.
La France est laïque. Sa morale est une synthèse des modèles grec, romain et chrétien. Profondément marquée par le catholicisme au cours de mille années d’une autocratie sourcilleuse, la France s’en est heureusement libérée d’autant plus que, de son côté, la religion catholique a perdu tout son pouvoir de nuisance depuis le concile Vatican II où, reniant son passé millénaire, elle s’est abîmée dans un pseudo-socialo-marxisme mal digéré dont le miserere lui barbouille l’estomac et la raison, faisant fuir ses fidèles et ses prêtres météorisés pour aboutir finalement à élire un pape bolchevik. Le catholicisme n’est plus un danger pour la France ni pour personne.
On disait à Rome : il faut suivre les coutumes de Rome. En France, il faut suivre les coutumes de la France. Les musulmans en particulier veulent imposer leurs coutumes aux français. Le voile dont leurs femmes sont harnachées sont des provocations. Cela signifie que les musulmans sont chez eux en France et que les français n’y sont plus que tolérés, qu’ils sont devenus des espèces de zonards avant, -pourquoi pas ?- d’être expulsés ou simplement corrigés s’ils ne filent pas doux. Le message est de plus en plus clair. La riposte ne doit pas l’être moins. Tous ces musulmans arrogants et profiteurs doivent être expulsés. Une fois pour toutes, ils doivent comprendre qu’ils sont des étrangers en France et qu’ils ne sont plus les bienvenus depuis qu’ils se conduisent comme des conquérants. Ils se rêvent en maîtres dans les vapeurs de leur picrate halal. Mais le rêve passe et il y a loin de la coupe aux lèvres.
Le multiculturalisme n’existe pas. Lorsque plusieurs cultures sont en concurrence dans un pays, elles sont antagonistes et la plus forte l’emporte. Les autres lui sont soumises. C’est une loi universelle. En France, trois cultures s’affrontent : la culture française, la culture juive et la culture musulmane. La culture française l’emportera finalement en dépit du pouvoir juif cosmopolite, de ses polices, de ses tribunaux, de ses gestapos, de ses collabos et des traîtres, en dépit des privilèges conquis par les musulmans, malgré leur nombre, leurs soutiens, leur fanatisme et des traîtres. La culture française prévaudra nécessairement, fût-ce au prix d’une guerre civile.
Il n’y a pas de vivre ensemble ; chacun veut vivre entre-soi.
L’angélisme est une des tares séniles des bobos. Cette urticaire irritante ne leur laisse aucun repos. Ils veulent sans cesse entraîner les autres dans le vice qui les démangent.
En France, les pauvres sont de plus en plus pauvres, les migrants musulmans profiteurs de plus en plus riches. La religion musulmane n’est pas compatible avec la laïcité ni avec aucune autre religion. Les musulmans ne reconnaissent que la charia et aucune des lois du pays qu’ils ont choisi de coloniser.
Inscription à :
Articles (Atom)